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Grosses chaleurs en Suisse: les traditions jettent un froid

vendredi, 26 août, 2011 - 08:51

A peine retournés à l’école, certains écoliers allemands ont droit à un petit rab de vacances… parce qu’il fait trop chaud. C’est le "Hitzefrei". Alors que cette coutume tant à disparaître en Suisse, les adultes demandent qu’une mesure similaire soit adoptée dans le monde du travail en Autriche.

Avec deux mois de vacances estivales, les petits Français sont des veinards ! Alors qu’ils ont jusqu’à début septembre pour faire leur cartable, bon nombre de leurs camarades européens ont déjà retrouvé le chemin des bancs de l’école.

C’est par exemple le cas dans bon nombre de Länder allemands puisque la rentrée de classes s’étale du 8 Août (en Hesse, Rheinland-Pflaz et Saarland) jusqu’au 12 septembre en Bavière. En Suisse, les petits Tessinois dispose de onze semaines de vacances, deux fois plus que les élèves des cantons germanophones, où l'école a déjà repris.

Or, en plein mois d’Août, les vagues de chaleur peuvent être fréquentes comme c’était le cas au début de cette semaine en Suisse, en Autriche et dans le sud de l’Allemagne. La température moyenne était de 30° en Suisse… pour 18° en juillet ! Dans ce cas là, traditionnellement, l’école saute, c’est le "Hitzefrei", ou "liberté pour cause de grande chaleur".

Une coutume prussienne

Souvent attribuée à Adolf Baginsky, un pédiatre allemand, le Hitzefrei a été inscrit dans la loi prussienne en 1892. Elle a été reprise dans le règlement intérieur des établissements scolaires allemands, avec des variantes selon les Länder. De manière générale, lorsqu’il fait plus de 25° dans les salles de classe à 11h du matin, le Directeur de l’école peut décréter l’Hitzefrei.

Tous les élèves ne sont pas concernés. En effet, jusqu’à 7 ans, les écoliers n’ont pas le droit de rentrer chez eux et au delà de 16 ans, l’Hitzefrei n’existe plus. Il est admis qu’à cet âge, les ados pourraient aussi travailler. Or, l’Hitzefrei n’existe pas pour les salariés qui doivent rester fidéles au poste quelle que soit la température.

Le Hitzefrei ne fait plus école en Helvétie

S’il n’a jamais été une règle écrite, le Hitzefrei a longtemps fait le bonheur des petits Helvètes. Cependant, depuis quelques années, sous la pression des parents d’élèves, le Hitzefrei est de moins en moins appliqué. Selon Valérie Rhein, membre du Département de l’éducation de la ville de Bâle:

Souvent les deux parents travaillent et prendre des jours fériés spontanés ne seraient pas jouable pour eux".

De fait, des enfants très jeunes étaient alors laissés sans surveillance, une autorisation de sortie pendant les Hitzefrei étant signée par les parents au début d’année. Pour Valérie Rhein, "cela ne colle pas à l’esprit du Hitzefrei".

Même discours dans le canton de Thurgau, au bord du lac de Constance, où Walter Klauser, Directeur d’école affirme que "les parents doivent être sûrs qu’il y a cours. C’est important pour leur planning".

Les esprits s'échauffent

Dans le canton voisin, à Saint-Gall, le dernier Hitzefrei date de 2003. En début de semaine, le Directeur Rolf Rimensberger était catégorique: "Il n’y aura pas d’Hitzefrei". Selon lui, les professeurs sont libres d’aménager leurs journées comme bon leur semble.

Ainsi, beaucoup attaquent la journée avec les "grosses" matières comme les maths ou l’allemand lorsqu’il ne fait pas encore trop chaud pour ensuite emmener les écoliers faire de la natation ou du dessin en extérieur à l’ombre. Selon Rolf Rimensberger, "les professeurs utilisent vivement ces possibilités".

Dans le rang des élèves, les esprits s’échauffent pourtant. Ainsi, un groupe Facebook composé de 1 100 participants demandait la réintroduction du Hitzefrei à Bâle, où il a également été abandonné en 2003. Cependant, pour des raisons encore incertaines, le groupe a été fermé en milieu de semaine, rapporte le journal local le Basler Zeitung.

Hitzefrei et monde du travail

En Autriche, ce sont les parents qui réclament une loi instaurant le Hitzefrei… dans le monde du travail. D’après un syndicat de Vienne, il manque un socle légal au travail lors de forte chaleur. S’il est stipulé que l’employeur doit alors ménager son employé en le protégeant des rayons directs du soleil, aucune limite de température n’est fixée, ce que déplorent les salariés. En effet, selon le syndicat autrichien, la productivité d’un travailleur baisse de 30 à 70% lorsqu’il fait plus de 35°.

A l'inverse, deux chercheurs d’Utrecht ont affirmé que plus la température est élevée, plus il est facile de comprendre autrui et de communiquer avec lui. Une étude américaine montre, elle, que la productivité au travail augmente graduellement avec la température de l’air. Mais ils ne précisent pas à partir de quel niveau elle s'effondre inexorablement.




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