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Les déboires de Facebook en Allemagne

lundi, 22 août, 2011 - 17:46

Les sites hébergés dans le Land du Schleswig-Holstein ne peuvent plus utiliser le bouton "J'aime" de Facebook sous peine d'une forte amende. Le patron de Facebook Europe, Richard Allan, a tenté de trouver un compromis avec les autorités allemandes sur la protection des données personnelles. Mais en négociant également avec Berlin, il a envenimé ses relations déjà tendues avec le Schleswig-Holstein.

Thilo Weichert, le responsable de l'autorité pour les questions numériques du Land du Schleswig-Holstein n'a pas caché sa colère à la suite de rencontre hier entre le ministre de l'Intérieur allemand, Hans-Peter Friedrich et le patron de Facebook Europe, Richard Allan : 

Fiedrich devrait présenter une proposition valable sur la protection des données numériques au lieu de s'immiscer dans des affaires dont il n'a pas la responsabilité".

Le ministre et le patron pour l'Europe de Facebook se sont, en fait, seulement mis d'accord sur un principe très général. Il se déclarent prêts à coopérer pour "renforcer la protection des utilisateurs". Richard Allan est en tournée cette semaine en Allemagne pour tenter de désamorcer la fronde de landers qui estiment que Facebook permet de collecter des données personnelles confidentielles sur les internautes qui utilisent, notamment, le bouton "J'aime" du réseau social.

Le Land du Schleswig-Holstein a lancé son offensive anti-Facebook cet été. Tous les sites hébergés dans ce Land à la frontière avec le Danemark doivent couper leurs liens avec Facebook et à supprimer d'ici la fin septembre les boutons "J'aime" permettant de donner son avis via Facebook. La décision a été prise par le Centre pour la Protection de la Vie Privée (ULD), instance officielle du Schleswig-Holstein.

Une attaque frontale envers Facebook, et plus précisément à la fonction "J’aime" ("Gefällt mir") qui permet de "tracer tous les clics sur un site web, de savoir combien de temps j'y suis connecté et ce qui m'intéresse", explique Thilo Weichert . Selon l'ULD, il s'agit d'une manipulation violant la loi allemande sur le respect de la vie privée. A ce titre, les sites qui n'auront pas coupé les ponts avec Facebook à la fin du mois prochain seront passibles d'une amende pouvant atteindre 50 000 euros.

Cure de désintox

Ceci d'autant plus que, par le biais des sites qui ont un compte Facebook, l'adresse IP des internautes serait récupérée insidieusement par le réseau social américain. Ils seraient ainsi pris au piège sans même s'être inscrit sur Facebook. Des données qui sont officiellement utilisées uniquement à des fins commerciales.

Mais sans attendre, les autorités allemandes conseillent aux internautes allemands accros à Facebook de s'imposer une cure de désintoxication en s'abstenant de cliquer sur le pouce levé.

Le réseau social se défend en promettant que toutes les données personnelles collectées sont effacées 90 jours après avoir été collectées. Cette virginité virtuelle retrouvée tous les trois mois serait suffisante pour être conforme à la législation européenne.

Mais ce coup de semonce du Land de du Schleswig-Holstein fait suite à celui du Land de Hambourg, preuve que l'étau se resserre en Allemagne sur les pratiques de Facebook. Le chargé de la protection des données du Land allemand de Hambourg, Johannes Caspar, avait, lui, estimé début août que la reconnaissance faciale récemment ajoutée par Facebook est illégale car contraire à la législation européenne et allemande sur la protection des données.

Ceci d'autant plus qu'elle se fait sans le consentement préalable de l'internaute, ce dernier pouvant seulement demander la suppression des données préalablement collectées.

Google également sous surveillance

La fonction permet une reconnaissance automatisée de photos de personnes auparavant identifiées. Pour le représentant du Land de Hambourg ce procédé permettant l'identification de personnes (données biométriques) sont une grave atteinte à la liberté individuelle.

C'est également en Allemagne que Google est, lui aussi, mis sous haute surveillance par les pouvoirs publics et les internautes. Son service "Street view" de visualisation des rues, immeubles et autres lieux publics n'est plus actualisé depuis avril. Les voitures équipées de caméras gyroscopiques qui sillonnaient les rues des villes étaient souvent la cible de cailloux, bouteilles, cannettes ou autres projectiles divers.

Google avait par ailleurs été contraint de flouter non seulement les personnes, mais également des bâtiments. Le gouvernement fédéral a ainsi rédigé un formulaire type, à télécharger et à envoyer à Google, pour empêcher la publication de la photographie de son immeuble ou maison.

Pour ceux qui ont connu, à l'Est, la Stasi, Facebook et Google rappelleraient-ils trop de mauvais souvenirs?

(Article actualisé le 9 septembre à 11h10 avec la tournée de Richard Allan en Allemagne)




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