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11 septembre : Les sceptiques font aussi école en Allemagne

vendredi, 9 septembre, 2011 - 17:49

En Allemagne, le scepticisme est de mise concernant la version officielle du 11 septembre. Même une personnalité d'envergure comme Andreas Von Bulow, que nous avons interrogé, suggère que le gouvernement Bush pourrait être derrière ces attentats.

Difficile en Allemagne -comme ailleurs-, d’éviter la question des "sceptiques" et autres "complotistes", à l’heure du 10ème anniversaire du 11 septembre 2001. Comme en France, la question suscite ici son lot de discussions, de passion voire de haine. En début d’année, un sondage réalisé par Bauermedia (*), montrait que les Allemands étaient peu enclins à croire la parole officielle, que ce soit à l’échelle nationale ou sur des questions comme le 11 septembre.

A la question "pensez-vous que le gouvernement américain ai fait toute la lumière sur ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 ?", 90% des sondés ont répondu par la négative. Certes la question n’était pas : "le gouvernement américain a-t-il laissé faire ou organisé lui-même les attentats?", mais presque 40% des Allemands restent  persuadés qu’il y a un gouvernement mondial secret, comme en sont généralement persuadés les "conspirationnistes". Ils sont également particulièrement suspicieux envers leur propre Etat, "peut ou a pu être criminel". Sans remonter au IIIème Reich.

Andreas von Bülow, "sceptique" de la première heure

Nous avons interrogé une des figures emblématiques des "sceptiques" allemands : Andreas Von Bülow, ancien Secrétaire d’Etat au ministère fédéral de la Défense (1976-1980) puis Ministre d’Etat à la Recherche (1980-1982). Député fédéral SPD (socialiste) pendant  près de 30 ans, docteur en droit de l’Université de Heidelberg, il a fait partie du Réseau Voltaire du très contesté Thierry Meyssan.

Il est surtout connu en Allemagne pour ses best-sellers, notamment dans les jeunes générations. En 1998, "Im Namen des Staates" (Au nom de l’Etat) fait l’effet d’une bombe en Allemagne. Il y accuse les services secrets américains, allemands et israéliens de manipulations criminelles et d’opérations "sous faux-drapeaux ". Il remet le couvert en 2003, avec un nouveau best-seller : "CIA et 11 septembre : Le terrorisme international et le rôle des services secrets". Aujourd’hui encore, il est considéré comme l’un des "sceptiques" les plus influents en Allemagne.

Mensonges d’Etat

Il récuse dès la première question le terme de "complotiste", "une composante de l’arsenal pour décrédibiliser et terroriser les gens qui voudraient se poser des questions légitimes". Et d'expliquer qu'en tant qu'autorité morale, il se doit de ne pas avaliser la version officielle de l'attentat:

Si, moi, en tant que porteur du message politique – avec toutes les institutions que je représente dans l’inconscient des Allemands  -, j’explique que la version officielle des Etats-Unis est la bonne, je contribue à créer une défiance, un complotisme. Tout comme certains médias allemands qui insultent et ridiculisent leurs adversaires sans mener un débat de fond".

D’après lui, les attentats du 11 septembre, les mensonges qui l’auraient accompagné, puis la guerre en Irak et les prétendues armes de destruction massive auraient contribué à ce retournement dans l’opinion. Et il suggère que le gouvernement Bush pourrait être derrière ces attentats.

Internet, terrain propice pour la manipulation

S’il est très virulent à l’égard des médias "mainstream", il met toutefois en garde les lecteurs ou internautes des dangers potentiels d’internet, "qui est également un terrain fertile aux manipulations" et contribue dans certains cas à une déformation opposée de la réalité, fantasmagorique et paranoïaque.

Il ne croit cependant pas à un "gouvernement mondial secret " (voir plus haut), et n’aime pas le concept trop connoté de lobby. Il estime toutefois que

certaines personnes très fortunées ou influentes, savent ce qu’ils peuvent tirer d’un pouvoir militaire ou de services secrets, comment influencer l’opinion publique et installer la terreur psychologique".

D’après lui, le problème vient enfin d’une crise générale de confiance dans le système démocratique occidental, qui ressurgit sur certains sujets sensibles :

Les gens se posent des questions légitimes : où est passé le pouvoir, est-il toujours au parlement, au gouvernement de notre pays, est-il passé dans les mains de Wall street ou ailleurs ? ".

Sa bonne foi est sur ce seul dernier point effectivement difficile à contester…


(*) Welt der Wünder,  Bauermedia Group (Janvier 2011)


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