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Les étudiants étrangers délaissent l’Europe

mercredi, 14 septembre, 2011 - 09:52

Les étudiants européens sont de grands voyageurs…en Europe. Nombreux sont ceux qui poursuivent leurs études hors de leur pays, mais sur le même continent. À l'inverse, les non-Européens sont de plus en plus nombreux aller voir ailleurs. Pour les Chinois, c'est l'Australie ou les États-Unis.

Avec 38 % des étudiants étrangers accueillis, l’Europe arrive toujours en tête des zones géographiques qui attirent le plus de candidats à l’expatriation universitaire, selon les chiffres publiés par l’OCDE dans son étude "Regard sur l’éducation". L’organisation remarque toutefois que son pouvoir d’attraction a baissé de 2 % depuis 9 ans. L’Allemagne et le Royaume-Uni, avec une diminution respectivement de 2 % et de 1 % des étudiants étrangers sont les plus touchés quand la France se maintient, du moins jusqu'à maintenant.

La publication le 6 septembre du décret d'application de la nouvelle loi concoctée par Claude Guéant pour réduire l'immigration va inexorablement réduire le nombre d'étudiants non Européens poursuivant leurs études en France. "Le ministère de l'Intérieur exige désormais qu'ils attestent de 5 500 euros sur un compte en banque, soit 1500 euros de plus qu'avant" a calculé le syndicat étudiant UNEF pour qui "cette nouvelle contrainte va obliger des étudiants qui, jusqu'alors justifiaient de ressources suffisantes pour étudier en France, d'interrompre leur cursus universitaire".

En Europe, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni attirent néanmoins encore près d’un quart des étudiants ne faisant pas leurs études dans leur pays d’origine, mais d’autres pays, Espagne en tête, commencent à leur faire de l’ombre. Plus fort encore : les universités de la péninsule ibérique sont de plus en plus recherchées pour leurs programmes de recherche de haut niveau ! Les étudiants étrangers représentent 17,2 % des effectifs des formations doctorales en Espagne et 11,5% au Portugal, un chiffre à peine inférieur à la France (11,8 %). La force de ces établissements : attirer des candidats de pays d’Amérique latine pour cause de proximité culturelle.

Les Européens jouent à saute-frontière

Ces deux pays constituent d’ailleurs presque une exception, car, globalement, l’Europe dans son ensemble peine à attirer dans ses filets des étudiants venant d’autres continents : son poids dans les statistiques de l’OCDE n’est en réalité que le reflet d’une augmentation des échanges entre les pays situés en son sein.

La mobilité intracommunautaire pèse pour 72 % dans les effectifs d’étudiants poursuivant leurs études dans hors de leur pays. Un chiffre qui n’est atteint nulle part ailleurs. En Amérique du Nord, par exemple, seuls 4,4 % des étudiants originaires des États-Unis ont choisi de faire leurs études au Canada quand 9,1 % des Canadiens fréquentent des universités situées de l’autre côté de la frontière…

Les difficultés des Européens à s’ouvrir davantage à des étudiants venus d’autres horizons géographiques sont d’ailleurs soulignées par cette étude. Recensant les principaux pays de destination des étudiants chinois, l’OCDE note ainsi que 21 % d’entre eux choisissent les États-Unis, 14 % le Japon quand l’Australie s’arroge avec 12,4 % la troisième marche du podium. Des résultats similaires sont également observés concernant les choix des autres étudiants asiatiques.

Les classements internationaux priment

Renforcer son pouvoir d’attraction est pour l’Europe d’autant plus nécessaire que de nouveaux acteurs pourraient bien à terme lui voler sa première place. L’Australie fait jeu égal avec l’Allemagne et la France pour l’accueil d’étudiants étrangers quand le Canada, avec un doublement des effectifs accueillis en 9 ans, talonne désormais l’Hexagone, suivi par la Russie et le Japon dont la cote de popularité est elle aussi à la hausse. Dans le domaine de la recherche, c’est la Suisse et le Chili qui dament le pion aux pays de l’UE…

Si pour sa reconquête, l’Europe ne manque pas d’atouts – faible coût des études par rapport aux États unis, notamment – la faible présence de ses universités, mis à part les établissements britanniques, dans les classements internationaux tels celui de Shanghai, est en train de lui jouer des mauvais tours.

Car c’est bien là aussi un autre résultat de cette étude : plus que jamais, c’est la qualité des formations, ou du moins la qualité telle qu’elle peut être perçue à travers ces classements, qui guident principalement le choix des candidats. Une perception utilitaire des échanges universitaires à mille lieues de "l’auberge espagnole" vantée encore il y a quelques années. La crise est passée par là…




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