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Roche prive le mauvais payeur grec de médicaments

mardi, 20 septembre, 2011 - 09:42

L’économie grecque ne sera bientôt plus la seule à être malade. Les laboratoires pharmaceutiques Roche ont en effet décidé de ne plus livrer en médicaments certains hôpitaux publics hellènes, car ces derniers n’honoreraient pas leurs factures. Une décision qui pourrait s’étendre prochainement à d’autres grands malades: l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

La décision a de quoi choquer, mais pour l’instant personne n’y trouve grand-chose à redire. Au contraire, le choix des laboratoires pharmaceutiques Roche de ne plus livrer en médicaments les hôpitaux publics grecs qui ne régleraient pas leurs factures est l’occasion de taper une fois de plus sur le malade grec.

Un officiel européen, sous couvert d’anonymat, a ainsi déclaré au site euobserver.com:

[…] avant la crise, la Grèce avait des médicaments parmi les plus chers en Europe – même dans le monde entier – à cause de dysfonctionnements dans le système, de corruption dans le corps médical… C’était un abus des citoyens grecs."

Un "abus" que Roche vient aujourd’hui sanctionner à sa manière. Depuis le début de l’été, le laboratoire suisse ne délivre plus ses traitements anti-cancer, ou contre d’autres maladies, aux hôpitaux. Si un patient souhaite se faire soigner, il doit désormais se rendre dans une pharmacie pour se porter acquéreur de son médicament, à ses propres frais, puis retourner se le faire administrer à l’hôpital. Les pharmarcies sont elles encore livrées, car bonnes payeuses.

Roche, 39 milliards de chiffre d'affaires

Ce qui n’est pas le cas des hôpitaux publics grecs, à en croire le directeur général de Roche, Severin Schwan.

[De nombreux hôpitaux] n’ont pas payés leurs factures depuis trois ou quatre ans!"

et de se plaindre:

Il arrive un moment où les affaires ne sont plus soutenables."

Les reins du groupe – parmi les cinq premiers mondiaux du secteur – sont pourtant solides, avec un chiffre d’affaires annuel de 47 milliards de francs suisses (39 milliards d’euros).

Qu’importe, la méthode du couteau sous la gorge semble porter ses fruits.

Depuis que Roche a cessé de livrer certains hôpitaux ont repris leurs paiements",

assure Severin Schwan.

63% des factures non honorées

Le procédé du groupe Roche, bien que radical et peu éthique, pose néanmoins sur la table le problème de la dette pharmaceutique grecque.

D'après les chiffres de la Hellenic Association of Pharmaceutical Companies, les hôpitaux n’auraient ainsi réglés que 37% de leurs factures des 18 derniers mois. Et aucunes nouvelles liquidités ne devraient y remédier.

Athènes, sous la contrainte du FMI et de l’Union européenne, a en effet procédé à une coupe de 310 millions d’euros dans son budget de la santé pour l’année 2011. Une coupe qui précède des économies plus larges encore, de l’ordre de 1,43 milliards d’euros sur la période 2012 – 2015.

Mais la Grèce n’est pas la seule à souffrir de ces maux. Roche envisage déjà de prendre des mesures de contrition contre d’autres pays européens aux finances exsangues, l’Espagne en tête. C’est ce qu’a confirmé la porte-parole du groupe suisse, Claudia Schmidt:

Si besoin est, nous discuterons avec tous les actionnaires en Espagne pour trouver des solutions. Il y des dettes notables au Portugal et en Italie, mais qui ne sont toutefois pas du rang de la Grèce."




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