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Berlusconi tente d’acheter son maintien au pouvoir

mercredi, 12 octobre, 2011 - 16:53

Le chef du gouvernement italien devrait, encore une fois, obtenir la majorité à l'Assemblée lors du vote, vendredi, d'une motion de confiance. L'ex-juge Antonio Di Pietro, a porté plainte pour tentative de corruption des députés. Le centre a décidé d'un coup d'éclat pour le pousser à jeter l'éponge. 

Mis en minorité mardi soir sur une loi sur les dépenses de l'Etat, Silvio Berlusconi s’exprimera ce jeudi matin devant le Parlement pour poser la question de confiance. Le vote est prévu vendredi en début d’après-midi. A moins d’un coup d’éclat d’ici là.

Selon plusieurs députés et sénateurs toutes tendances confondues, le président du Conseil italien, devrait, encore une fois, remporter la bataille.

Durant les derniers jours, des pourparlers ont été engagés par l’entourage de Silvio Berlusconi pour acheter le vote des indécis. "C’est la rumeur qui court dans les couloirs du Sénat et du Parlement" nous confirme le sénateur démocrate Silvio Sircana. Des bruits d’une ampleur telle, que le président du parti "L’Italie des Valeurs", Antonio Di Pietro, a porté plainte lundi matin devant le tribunal de Rome pour tentative de corruption.

"Berlusoni, c'est Dracula aux urgences"

Tout en s’écriant que "demander à Silvio Berlusconi d’abandonner le pouvoir équivaut à demander à Dracula de quitter les urgences", l’ancien juge vedette de l’opération "mains propres" a lancé un appel aux parlementaires. "Faites preuve de courage, sauvez le pays !" a tonné Di Pietro devant les chaines de télévision mardi soir. Le message est clair.

Reste que cet appel risque de rester lettre morte. "Sans Berlusconi, une bonne partie des députés de la majorité risquent de se retrouver au chômage. Du coup, ils n’ont aucun intérêt à lui tourner le dos" analyse le sénateur démocrate Luigi Vimercati.

Dans ce contexte, la victoire du Cavaliere est quasiment chose faite. Mais elle ne résoudra pas la situation, car d’un point de vu purement politique, l’exécutif a désormais les mains liées.

Obtenir la confiance ne suffit pas. Silvio Berlusconi doit aussi démontrer que son gouvernement est solide et qu’il peut adopter les mesures indispensables pour relancer la croissance. Une hypothèse quasiment impossible compte tenu de l’effritement de la majorité"?,

explique le député centriste Ferdinando Addornato.

Pour sortir de l’impasse, Silvio Berlusconi devrait élargir sa majorité. C’est la solution qui lui a été plus ou moins suggérée par le président de la République pour éviter des élections anticipées. Pour Giorgio Napolitano comme pour la plupart de analystes, un retour aux urnes avant la fin de la législature actuelle, c'est-à-dire 2013, minerait ultérieurement la crédibilité de l’Italie.

Mais ce fameux élargissement de la majorité a la saveur d’une mission quasiment impossible. Les centristes pressentis mardi soir par l’entourage du Cavaliere ont, en effet, déjà décliné l’offre.

Les députés en ont mal au ventre

Au sein de la majorité, en revanche, les discussions sont en cours. Ou plutôt les transactions. Les députés qui ont fait publiquement état de leurs "maux de ventre" face à un gouvernement "plus absorbé par les affaires du Cavaliere que celles de l’Etat", réclament une réelle remise à plat.

Avec à la clef, une redistribution des ministères et des postes importants. L’idée avancée par les plus audacieux est celle d’une mise à l’écart de Silvio Berlusconi. Mais c’est là que le bat blesse, le chef du gouvernement refusant systématiquement de jeter ses galons de chef de l'équipe gouvernementale aux orties.

Poursuivi pour corruption et prostitution présumée de mineure, le milliardaire craint le pire. Dans ce contexte, il considère sa fonction comme un sauf-conduit lui permettant d’échapper aux magistrats.

Tandis que Silvio Berlusconi peaufine son discours, que son entourage multiplie les discussions et les transactions pour briser la résistance des indécis, l’opposition affute ses couteaux. Mercredi matin, la direction du Parti démocratique (PD, gauche) envisageait de demander à ses députés de se retirer sur l’Aventin le jour du vote de confiance. Une solution extrême qui crée des divisions au sein du plus grand parti de l’opposition.

Au même moment, les centristes, ex-alliés de Berlusconi, dont fait partie Gianfranco Fini, président de l'Assemblée, s’interrogeaient. Plus tard dans la soirée, Ferdinando Addornato nous expliquait qu'ils avaient décidé d'un coup d'éclat qui marquera une vraie rupture entre le centre et le Cavaliere et le pousser à jeter l'éponge:

Demain matin lorsque Berlusconi entrera dans l'hémicycle pour prononcer son discours, tous les partis de l'opposition quitteront le parlement. Ce sera notre facon de montrer que Berlusconi n'existe plus. Desormais nous l'ignorerons".

Une première dans les annales de la République italienne.




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