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Berlusconi sauvé ric-rac pour la 51ème fois

vendredi, 14 octobre, 2011 - 16:34

Silvio Berlusconi a remporté sur le fil le vote de confiance. Avec 316 voix, il obtient exactement la majorité absolue. Mais il promet des élections anticipées au printemps. 

Mis en minorité mardi soir sur la question de l’approbation des dépenses de l’Etat en 2010, le chef du gouvernement italien avait décidé de poser la question de confiance au parlement. Un passage obligatoire, l’affaire ayant pris une tournure politique. C’est ce qu’avait laissé clairement entendre le Président de la République en convoquant Silvio Berlusconi dès mardi soir.

Durant cette rencontre, Giorgio Napolitano avait souligné les faiblesses politiques d’une majorité lacérée par les luttes intestines et laminée par la présence d’un chef de gouvernement abonné aux casseroles judiciaires. Sans parler des défections au sein de la droite berlusconienne, plusieurs parlementaires – et aussi quelques ministres en coulisses- réclamant désormais publiquement le départ du milliardaire.

Silvio Berlusconi est l’obstacle majeur pour la relance de l’économie du pays en raison de son image de marque ternie par les scandales en cascades

nous avait déclaré le député de droite Santo Versace la semaine dernière. Face à une situation insoutenable, le Président de la République avait demandé au Cavaliere de lui faire part de ses intentions. Tout en lui faisant remarquer qu’une victoire sur le fil du rasoir serait insuffisante, l’exécutif avoir sur une majorité confortable pour pouvoir continuer à gouverner.

Berlusconi fait de la retape

Prêt à tout pour obtenir la confiance des députés, Silvio Berlusconi a donc expédié ses troupes au front dès mardi soir. L’objectif était simple : monnayer le vote des dissidents pour éviter une Berezina. Et tout a été fait: promesses de promotion, voire d’argent selon quelques députés du centre-gauche. Quelques minutes avant le vote de confiance, le Cavaliere faisait encore de la retape au téléphone auprès de quelques pseudo-irréductibles.

Une stratégie payante malgré la résistance de quelques "dissidents" de la majorité qui ont refusé de céder malgré appels de Berlusconi et les tentatives de boycottage du vote organisées par le centre-gauche et les centristes. 

"Complot" raté

Pour que le quorum ne soit pas atteint, l’opposition a, en effet, déserté l’hémicycle. Sans quorum c'est-à-dire la moitié de l’effectif total (630), le vote aurait été renvoyé. Du coup, Silvio Berlusconi aurait dû immédiatement rencontrer le président de la République, lui faire part de son échec et démissionner dans la foulée. Mais l’arrivée des radicaux et des députés du SVP, le parti autonome du Trentin pourtant alliés au centre-gauche (parti démocrate), a fait capoter l’opération.

"Le complot a échoué" a déclaré Silvio Berlusconi en ajoutant qu’il travaillera désormais en concertation avec le Parlement pour sortir le pays de l’ornière de la crise économique. En fait, pour mieux surveiller ses députés et tuer dans l’œuf, les prochaines tentatives de "complots".

Si Berlusconi pense que 316 voix vont résoudre ses problèmes alors il est le dernier des Mohicans"

a répliqué Pierferdinando Casini ancien allié du Cavaliere et président du groupe centriste.

Retour aux "affaires", les vraies

Et maintenant ? Silvio Berlusconi a, dans la foulée du vote, rencontré le président de la République selon l’usage après un vote de confiance. Chiffres en main, il peut démontrer que sa majorité tient la route et que le gouvernement peut aller de l’avant malgré les pressions de l’opposition.

Ensuite, il va se concentrer à nouveau sur ses casseroles judiciaires. D’abord le procès Mills. Dans cette affaire, le milliardaire est accusé d’avoir soudoyé son ancien avocat David Mills, en échange de faux témoignages dans deux procès impliquant la Fininvest, le holding berlusconien, à la fin des années 1990.

L’affaire sera prescrite le 12 janvier prochain. Mais le verdict doit tomber d’ici la fin du mois de novembre, les juges ayant accéléré les débats. Pour échapper à une probable condamnation, Silvio Berlusconi veut faire approuver au pas de charge "la prescription courte" par le Parlement. Puis, la fameuse "loi bâillon"  pour empêcher la publication de nouvelles écoutes téléphoniques embarrassantes dans le cadre de l’enquête actuellement en cours sur ses parties fines.

Un vaste programme taillé sur mesure, que le Cavaliere a dévoilé il y a deux jours dans la presse italienne.

Je résisterais jusqu’en décembre, puis nous organiserons des élections anticipées au printemps prochain

a déclaré Silvio Berlusconi entre deux transactions pour acheter les députés en prévision du vote de confiance qui s’est tenu ce matin.

Dans l'immédiat, après avoir remporté 51 votes de confiance, il mérite le surnom d' "inoxydable" hier donné à Bettino Craxi, l'ex leader de la défunte Démocratie Chrétienne, maintes fois Président du Conseil. 




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