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L’Espagne victime expiatoire de la zone euro

mercredi, 19 octobre, 2011 - 17:07

La note de la dette souveraine espagnole a été abaissée successivement en moins de deux semaines par les trois principales agences de notation. Moody’s justifie sa décision par la vulnérabilité du pays à la crise de la zone euro mais réclame plus de rigueur alors que le parlement a été dissout...

Moody's a annoncé sa décision quelques jours avant le sommet Européen de Dimanche et à un mois des élections législatives espagnole. Si la date choisie par l'agence de notation pour baisser la note de la dette espagnole a été perçue  comme étant, avant tout, un avertissement à l’Union Européenne sur la recapitalisation des banques.

Certes, dans son rapport rendu public mardi soir, Moody’s menace le futur Gouvernement espagnol de futures dégradations de la note s’il ne met pas en place des réformes structurelles à moyen terme. Elle "attend du nouveau Gouvernement qui émergera des élections législatives du 20 novembre qu’il soit fortement impliqué dans la consolidation fiscale"

Mais bon nombre d'analystes estiment que la dégradation de la note n’a pas de sens puisque le Gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, sur le point d’être remplacé, ne va plus prendre de mesures conséquentes en matière de consolidation budgétaire alors que le Parlement a été dissout le 27 septembre dernier. "Politiquement, ce n’est pas le meilleur moment, mais finalement, les effets de la dégradation ont été réduits car les marchés l’avaient déjà prise en compte", estime Juan Carlos Martinez Lázaro, économiste à l’IE Business School.

Je ne crois pas que la date du rapport de Moody's soit liée aux élections législatives espagnoles. Il faut surtout y voir un lien avec le sommet européen de dimanche"

confirme Soledad Pellón, analyste chez IG Markets. Moody’s souligne, en effet, que la crise de la dette de la zone euro a été un facteur déterminant dans la décision de dégrader la note espagnole.  Pour l’agence de notation, les besoins élevés en financement de l’Espagne et ses difficultés à accéder aux marchés dans de bonnes conditions la rendent vulnérables à l’augmentation éventuelle des tensions sur les marchés.

Patate chaude pour le successeur de Zapatero

Plusieurs analystes vont dans ce sens. Ils estiment que le principal problème auquel doit faire face l’Espagne réside dans sa difficulté à accéder au crédit.

La prime de risque espagnole et ses difficultés à se financier à bas prix ne devraient pas être aussi importantes compte tenu de son niveau de dette publique plus bas que celui de la plupart des Etats membres"

, souligne Juan Carlos Martinez Lázaro, pour qui la crise de la dette à niveau européen est la condition sine qua non pour que la pression sur l’Espagne se relâche.

L’autre condition nécessaire pour que la confiance revienne et que le crédit soit donc plus facilement accessible, c’est effectivement que le prochain Gouvernement mette en place des réformes structurelles sans doute difficiles et impopulaire".

Que Mariano Rajoy, le candidat conservateur (Parti Populaire) donné vainqueur aux prochaines élections par tous les sondages, se le tienne pour dit.


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