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Berlusconi humilié: basta Sarkozy et Merkel !

lundi, 24 octobre, 2011 - 16:21

Les Italiens ne supportent plus Berlusconi. Mais quand le Cavaliere est traité avec condescendance, sinon mépris, par Merkel et Sarkozy, c'est trop. Ceci d'autant plus que le Cavaliere a été mis en demeure de revenir après-demain, lors du nouveau sommet européen, avec des mesures d'économies drastiques par le parlement !

Depuis dimanche soir, les Italiens ne décolèrent pas. Ils se disent humiliés par les sourires et les clins d’œil complices entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel durant la conférence de presse sur le sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles. Et aussi très irrités d’avoir été placés sous la tutelle de l’Union européenne qui a lancé un ultimatum au gouvernement Berlusconi.

D’ici mercredi, pour la nouvelle réunion des dirigeants européens pour sauver l'euro, Berlusconi  a été mis en demeure de présenter un programme économique consistant et concret pour réduire l'endettement du pays. Enfin, les Italiens ne digèrent pas d’avoir été placés dans le même panier percé que la Grèce.

 

La presse transalpine fait ses choux gras de l’affaire bruxelloise. Tout en reconnaissant que l’humiliation infligée à la péninsule est liée à la mauvaise réputation de Silvio Berlusconi, les Italiens, de droite comme de gauche, sont tout de même indignés. Passent encore, écrivaient de nombreux éditorialistes, "que Bruxelles nous dicte notre agenda économique et sociale pour permettre à l’Italie de réduire sa dette publique".

Mais que le chef de leur gouvernement soit traité avec commisération  par son homologue allemande et un président français, cela, les Italiens ne le supportent pas. Ou plutôt, ils ne le supportent plus que leur honneur national soit ainsi publiquement méprisé.

"On ne peut pas ridiculiser l'Italie de cette façon"

Si la plupart des partis d'opposition réclament la démission immédiate du Cavaliere, certains ont, en revanche, déposé provisoirement leurs armes au vestiaire pour défendre la patrie bafoué.

C’est le cas, par exemple, du centriste Pierferdinando Casini. L’ancien président du parlement italien sous le gouvernement Berlusconi de 2001 à 2006 ne mâche pas ses mots.

Je n’ai pas apprécié les sarcasmes de Nicolas Sarkzoy. Il ne peut pas ridiculiser l’Italie de cette façon même si Berlusconi fait preuve d’une incapacité totale face à la crise économique et financière".

Du coté de l’Italie des Valeurs ( IDV) le parti fondé par Antonio Di Pietro l'ex-juge vedette de l'opération "mains propres", le sarcasme français est décliné d’une tout autre façon.

Le gouvernement italien vient de recevoir un avis d’expulsion"

a analysé Massimo Donadi, chef du groupe parlementaire de l’IDV. Tout comme l’ancien maire de Rome et député du parti démocrate (PD) Walter Veltroni.  

L’humiliation qui vient de nous être infligée par Sarkozy et Merkel devrait finalement ouvrir les yeux à ceux qui n’avaient pas encore compris que l’Italie a besoin d’un gouvernement fort, stable  et prestigieux".

Nicolas Sarkozy a passé ses nerfs sur le Cavaliere

De l’autre coté de la barricade, en revanche, les commentaires sont d’une tonalité et d’une teneur complètement différente. Pour le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, Nicolas Sarkozy a passé ses nerfs sur le Cavaliere.

En fait, Nicolas Sarkozy est tout simplement énervé par l’affaire Lorenzo Bini-Smaghi. Il sait très bien qu’il ne peut pas l’obliger à démissionner du comité exécutif de la Banque centrale européenne pour le remplacer par un Français. Du coup, il essaye de nous ridiculiser pour nous discréditer"

Au sein du gouvernement, l’ordre était, comme toujours, de resserrer les rangs autour d’un chef pourtant de plus en plus déplumé. On affirme que l’ultimatum lancé par Bruxelles n’a aucune raison d’être, la plupart des mesures réclamées ayant déjà été approuvées et introduites avant l’été, selon Maurizio Gasparri chef du groupe du Parti du Peuple de la Liberté (Pdl).

Vaudeville politique

Au  milieu de tout ce bruit, la situation tourne parfois carrément au vaudeville politique. La Ligue du Nord a annoncé que le parti veut organiser une grande manifestation pour s’opposer au rehaussement de l’âge du départ en retraite selon les vœux de Bruxelles.

On aura tout vu, même la majorité qui manifeste contre la majorité !"

s'est immédiatement exclamé le sénateur démocrate Silvio Sircana.

Tandis que la Ligue du Nord harangue ses troupes, que le quotidien pro-berlusconien "Il Foglio" propose d’organiser une séance publique d’éclats de rire devant l’ambassade de France à Rome pour laver l’affront, l’opposition multiplie les réunions.

L’idée des centristes et des démocrates est de profiter de la situation pour essayer de renverser l’indéboulonnable Cavaliere. Mais la messe n’est pas dite, le milliardaire n’ayant pas l’intention de changer de métier. Du  moins dans l’immédiat. 


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