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L’euro, victime de l’impuissance nationale

lundi, 24 octobre, 2011 - 16:49

La réforme des institutions européennes n'est pas au programme du plan de sauvetage de l'euro annoncé pour mercredi. Quelque soit le nombre de milliards mobilisés, cette absence d'Europe politique ne permet pas de mettre fin à la crise, estime Bernard Barthalay, président de "Puissance Europe".

En deçà de la création d'un Trésor fédéral – que Puissance Europe proposait déjà au Président Sarkozy dès 2008 -, les gouvernements n'ont plus à leur disposition que deux issues : l'effet de levier (garantir le Fonds de stabilisation) ou le FMI, autrement dit la fin "assurée" de l'euro ou sa mise sous tutelle. Ou un mélange des deux.

Les Européens sont en présence d'un choix de vie ou de mort. La mort économique au nom d'une souveraineté nationale de façade, cache misère de la réalité du déclassement, ou le choix de la vie et le saut fédérateur dans l'inconnu.

Dans un cas, certaines souverainetés se sauvent et d'autres pas, la division de l'Europe et la dépression mondiale se perpétuent et s'aggravent. Et dans l'autre, toutes les souverainetés y passent, mais la croissance et la création d'emplois peuvent devenir le programme du nouveau pouvoir fédéral.

A ce stade, les gouvernements sont dans la pérennisation d'un statu quo mortifère, refusant aux Européens, à la fois, l'efficacité économique – sortir de la crise – et la démocratie politique. Ils préfèrent transformer des dettes en produits toxiques, selon la recette qui a conduit le monde à la crise financière, pour éviter de consulter les Européens sur leur avenir, tout en les assurant d'un désespoir programmé.

La Chancelière allemande et le Président français, eux, n'ont qu'un espoir : pouvoir conserver cette posture jusqu'aux prochaines élections.

A moins que les choses tournent mal d'ici là pour leur échafaudage financier qui repose sur du sable du fait d'une intégration européenne inaboutie. L'effet domino atteindrait le cœur de la zone euro, l'euro lui-même et, avec lui, ce seraient soixante ans d'efforts dilapidés.

Pour éviter cela, il faudra bien se rendre à l'évidence et mobiliser l'outil financier de la puissance publique européenne, mais aussi les pouvoirs constitutionnels nécessaires pour légitimer cet engagement auprès des citoyens européens.


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