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Berlusconi détourne le plan d’austérité au profit de sa famille

mardi, 25 octobre, 2011 - 16:51

L'occasion fait le larron. Silvio Berlusconi a profité de la panique politique générale pour insérer en douce dans le projet de réforme des retraites réclamée par la France et l'Allemagne, une modification des successions lui permettant de ne pas déshériter ses fils issus d'un premier lit.

L’ultimatum expire demain. Avant le nouveau sommet sur la crise de l’euro qui se tiendra dans le courant de l’après-midi, Silvio Berlusconi devra présenter un programme d’économies sérieuses pour remettre en ordre les finances publiques italiennes le plus tôt possible.

Un programme avec à la clef, selon les vœux de Bruxelles, une réforme du système des pensions de retraite rehaussant l’âge légal de départ à 67 ans. Hors, c’est là que le bat blesse: la Ligue du Nord, allié incontournable au sein de la majorité berlusconienne, a peur de mécontenter son électorat vieillissant, trainant les pieds.

Tout en essayant de convaincre les Ligueurs qu’un accord sur les retraites permettrait à l’Italie d’éviter la colère de ses partenaires européens, Silvio Berlusconi, qui ne perd jamais une occasion de défendre ses intérêts personnels, a profité de la situation pour régler quelques soucis personnels. A savoir, les normes sur la succession.

Le milliardaire n’a aucune envie de trépasser mais personne, dit-il, n’est à l’abri d’un malheur. Du coup, il a inséré un dispositif, encore une fois fait sur mesure, dans le document qui devrait être présenté à Bruxelles. Baptisé "coupe légitimité" ou décret "anti-Veronica", cette norme corrige les critères de répartition des successions en vigueur.

Bijoux de famille

Selon la loi actuelle, la deuxième femme de Silvio Berlusconi et ses trois enfants prendraient le contrôle du groupe berlusconien Fininvest, en cas de testament, en obtenant 56,1% du capital social.  Les deux enfants du premier lit qui occupent les postes clefs de l’empire, seraient relégués – toutes proportions gardées – au rang d’actionnaires minoritaires avec 43,9% des parts.

Cette répartition qui agace le Cavaliere dérive du fait que le couple n’obtiendra officiellement le divorce qu’en 2013. La loi italienne prévoit une séparation effective de trois ans avant d’entériner la rupture sur le plan juridique.

Depuis que Veronica Lario a licencié son mari, la famille qui semble avoir déjà enterré Silvio Berlusconi, s’entretue régulièrement sur la question des bijoux de famille. L’affaire a pris une telle tournure que le Cavaliere a déjà essayé l’an dernier de faire passer un projet de loi pour régler le problème. Profitant aujourd’hui du désordre qui règne au sein du Conseil des ministres, le milliardaire a remis le couvert.

Trois lignes ont été insérées au beau milieu de la page 203 du document dont l’épaisseur fait penser à la bible. Il donne toute liberté au père sur la réparation à ses enfants de ses biens.  

Ce rajout devait passer inaperçu, tous les regards étant tournés sur la réforme des retraites, la réduction des salaires, les amnisties fiscales et la privatisation des services locaux. Sacré Berlusconi !




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