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Berlusconi refuse d’abdiquer

lundi, 7 novembre, 2011 - 17:35

Mourir droit dans ses bottes. Alors que les institutions internationales et les marchés lui tournent le dos, que sa majorité réclame sa démission, Silvio Berlusconi refuse encore et toujours de jeter l’éponge. Verdict demain.

Depuis trois jours pourtant, l’étau se resserre. Durant le G20 qui s’est tenu la semaine dernière à Cannes, le Cavaliere a été cloué au pilori de l’indifférence collective par ses partenaires. Relégué au rang des has been par les leaders européens et américain, le milliardaire a dû ravaler sa superbe. Pire, il lui a fallu accepter que son pays soit placé sous la tutelle du Fonds monétaire international et de l’Union européenne qui ne croit plus à ses promesses de Gascon.

Les rats quittent le navire

De retour à Rome, le président du Conseil italien a assisté à la fuite de ses députés qui passent à l’ennemi pour éviter d’être fusillé aux cotés d’un chef qui n’a plus rien à leur offrir. Des départs qui se sont d’ailleurs multipliés durant le week-end, notamment au niveau des ex-plus proches fidèles, comme l’ancienne pom-pom girl, Gabriella Carlucci qui pourtant lui doit tout.

Propulsée au rang de star du petit écran par les chaines du Cavaliere, Gabriella n’a même pas eu le bon gout de téléphoner à son ancien protecteur pour lui annoncer sa défection. Les rats quittent le navire, ricane l’opposition tout en ouvrant grand ses bras pour accueillir les transfuges.

Alors que ses anciens supporters déménagent en vrac, Silvio Berlusconi est enfermé dans son bunker. Il multiplie les consultations avec un dernier carré de fidèles prêts à mourir à ses cotés. Des fidèles qui lui ont néanmoins répété à maintes reprises que le moment est venu de jeter l’éponge.

Ils ont essayé de le convaincre de partir la tête haute pour pouvoir négocier son maintien sur la scène politique. Ils lui ont expliqué que tout sera perdu s’il devait être battu mardi après-midi au parlement à l’occasion du vote de confiance sur la formalisation des dépenses de l’état en 2010. Ils lui ont dit de demander aux députés d’approuver les dépenses et de leur annoncer qu’il démissionnera pour le bien du pays quelques minutes après le vote. Mais pour Silvio Berlusconi, ces conseils n’ont aucun sens.

"Je n'ai pas l'intention de démissionner"

Alors pour lui forcer la main, Giuliano Ferrara, son vieil ami et éditeur du quotidien "Il Foglio", a annoncé sur le site de son journal que le Cavaliere s’était rendu à la raison et qu’il avait accepté de démissionner. La nouvelle de la capitulation a immédiatement fait le tour des capitales, des marchés et des rédactions. A Milan, la bourse a repris son souffle. Au même moment à Londres, la BBC brulait les étapes et annonçait que le chef du gouvernement italien venait de rencontrer le président de la République Giorgio Napolitano pour lui faire part de sa décision.

Pendant que le monde s’agitait, que quelques autres députés annonçaient leur départ, Silvio Berlusconi s’envolait pour Milan afin de rejoindre sa famille. Objectif : consulter ses enfants et son vieux complice, Fedele Confalonieri, qui l’a aidé à bâtir son empire financier. Après le déjeuner, le milliardaire s’est rendu dans son bureau. Puis, il a ouvert son ordinateur pour se connecter à Facebook.

Je n’ai pas l’intention de démissionner, les bruits qui courent sont faux"

a écrit le Cavaliere d’une main rageuse.

Du coup, la situation semble sans issue. Au point que pour réussir à déboulonner l’indéboulonnable, certains députés sont prêts à tout. Même à bloquer le pays en votant demain après-midi contre la loi permettant la clôture budgétaire des dépenses de l'Etat en 2010.

Retraite anticipée

Un geste dont les répercutions seraient catastrophiques pour le gouvernement et le pays tout entier. Selon la constitution en effet, l’exécutif serait obligé d’appliquer ce que l’on appelle "l’exercice provisoire". Pendant les quatre prochains mois, seul le parlement pourra autoriser les dépenses. Un scénario d’autant plus dramatique que les marchés et les institutions internationales surveillent de près la péninsule.
Tandis que les députés rebellent s’interrogent sur la marche à suivre pour l’obliger à prendre sa retraite anticipée, Silvio Berlusconi pointe ses canons et brave l’ennemi.

Je veux regarder droit dans les yeux ceux qui s’apprêtent à me trahir demain après-midi au parlement"

a dit le milliardaire avec panache. Puis il a empoigné son téléphone pour essayer de contacter les dissidents et leur demander de faire marche arrière. Mais les transfuges sont aux abonnés absents. En sera-t-il de même demain au parlement ?




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