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Berlusconi conclut à sa démission, le Président italien aussi

mardi, 8 novembre, 2011 - 18:59

Silvio Berlusconi démissionnera mi-novembre, a indiqué le président italien Giorgio Napolitano après avoir rencontré le président du Conseil. Sauvé ce mardi par l'abstention de l'opposition lors d'un vote crucial, le Cavaliere n'a plus de réelle majorité. Ses notes photographiées à son insu lors du vote ne laissaient déjà plus aucun doute: il avait conclu lui-même à sa démission.

Silvio Berlusconi démissionnera juste après l'adoption par le parlement des mesures budgétaires et des réformes économiques promises à l'Union européenne pour éviter la contagion de la crise de l'euro, a annoncé mardi soir la présidence de la République italienne.

Après l'adoption des mesures,

le président du Conseil remettra son mandat au chef de l'Etat qui procédera aux consultations habituelles avec les partis de la majorité et de l'opposition,

selon un communiqué du Quirinal, siège de la présidence, en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.

Ce communiqué publié à l'issue d'une rencontre entre Giorgio Napolitano et le chef du gouvernement précise que M. Berlusconi est bien "conscient des conséquences du résultat du vote" de mardi à la Chambre des députés, où il est apparu qu'il n'avait plus la majorité absolue.

Après ce désaveu et cette ultime humiliation, un peu plus tôt dans l'après-midi, la fin n'était plus qu'une question d’heures. Certes, 308 députés ont approuvé la loi sur les dépenses de l’Etat en 2010. Mais 321 élus ont opté pour l’abstention. Une décision adoptée par "esprit de responsabilité" ont d’ailleurs expliqué l’opposition et les députés berlusconiens qui ont tourné le dos au milliardaire durant le week-end.

En refusant d’entériner les dépenses de l’an dernier, les députés auraient bloqué le système italien. Dans ce cas précis, la Constitution italienne prévoit en effet l’application de "l’exercice provisoire" pendant quatre mois pendant lesquels seul le parlement peut autoriser les dépenses de l’Etat. Une situation d’autant plus grave pour la péninsule, que la première tournée d’inspecteurs chargée par l’Union européenne de contrôler l’avancée des réformes que Silvio Berlusconi s’est engagé à mettre en place durant le G20, arrive demain matin à Rome.

Le sens de l'Etat

Du coup, l’opposition et les dissidents ont décidé de faire d’une pierre deux coups durant le vote. D’abord, montrer aux Italiens et au Cavaliere qu’ils ont le sens de l’Etat en choisissant de s’abstenir et non pas de refuser d'avaliser les dépenses publiques. Puis, faire comprendre à Silvio Berlusconi qu’il n’a plus la majorité au parlement et qu’il doit par conséquent démissionner.

L’objectif a été atteint. La Ligue du Nord, qui soutenait encore le président du Conseil il y a deux jours, ayant décidé de l’abandonner. Le grand manitou du parti, Umberto Bossi, a déclaré que "la situation est perdue pour Belusconi. Il doit immédiatement jeter l’éponge"

Piégé par un photographe

En quittant le parlement après le vote, le milliardaire a convoqué un conseil de guerre réunissant son plus proche conseiller, Gianni Letta, son avocat qui est aussi député, Niccolò Ghedini, le ministre du Trésor, Giulio Tremonti, et les ministres de la Ligue du Nord.

L’objectif de cette réunion est de dresser un véritable état des lieux de la situation chiffres en main. En tenant compte des notes qu’il a rédigées d’une main rageuse pendant le vote. Un billet éloquent, photographié avec un puissant téléobjectif de la tribune de presse, résumé en cinq points:

  1. Huit traitres
  2. Prendre acte de la situation
  3. Un nouveau gouvernement
  4. Trouver une solution
  5. Démissionner

Tout était écrit.

En réaction, les marchés, qui pénalisaient toujours un peu plus la péninsule depuis cet été, devraient se calmer.  Un répit. En attendant de régler les problèmes économiques et le fardeau de la dette (près de 120% du PIB). Mais, le plus dur est peut-être déjà fait…


Actualisé le 8 novembre, à 21h, à la suite de l'annonce de la démission de Silvio Berlusconi mi-novembre par Giorgio Napolitano, président de la République italienne.




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