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Belgique: Reproduction et Sentiments

lundi, 14 novembre, 2011 - 15:22

En Belgique, des animateurs du planning familial secondent les professeurs, dès la fin de la primaire.

L’éducation sexuelle et affective des mineurs en Belgique reste relativement classique. Selon une étude, l'âge moyen du premier rapport sexuel tournait autour de 17 ans en 2006 – soit une situation comparable à celle du début des années 1990. Les ados ne sont pourtant pas toujours bien au courant : entre 12 et 15 % des jeunes filles interrogées n'utilisent aucune méthode de contraception.

Parfois c’est terrible, les enfants peuvent être très mal informés",

explique Aline Ancion, du centre de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) de la ville de Verviers.

Priorité à la prévention

L’éducation à la vie affective et sexuelle est, en premier lieu, "un moyen à privilégier en termes de prévention"selon Nicolas Menschaert, président de la Fédération laïque des centres de planning familial. Mais c’est également une façon de "sensibiliser les jeunes aux inégalités entre les femmes et les hommes ou encore aux discriminations subies par les personnes non hétérosexuelles".

Comme dans plusieurs autres pays, la sexualité se discute brièvement en cours de biologie, mais cela se limite à la reproduction. Pour le reste, de nombreuses écoles et collèges organisent des modules consacrés à la vie affective et sexuelle.

Il n’y a aucune obligation légale, l’appréciation est laissée au directeur",

explique cependant Xenia Maszowez, coordinatrice de la Fédération des centres de planning familial des FPS.

Les thèmes abordés sont les maladies sexuellement transmissibles, la contraception et les orientations sexuelles ainsi que l’égalité homme/femme. Xenia Maszowez estime qu’il faut commencer les animations vers la fin du primaire.

Faire preuve de créativité

À cet âge là, les animations ont surtout trait aux aspects de la puberté, explique Mme Ancion. En cas de problème dans une classe, les animateurs des plannings familiaux peuvent être amenés à intervenir sur le thème de la pornographie. Et cela auprès d’enfants de 10-12 ans parfois. La contraception, quant à elle, est abordée vers l’âge de 14 ans.

On va y aller avec toutes sortes de contraceptifs pour leur montrer, faire circuler dans les mains",

explique Mme Ancion.

La mécanique sexuelle reste peu discutée. Pour Aline Ancion, la jouissance physique s’apprend à la pratique et non pas à travers des modules ou animations : 

Ça ne sert à rien d’expliquer à un jeune de 17 ans où est le clitoris. C’est le relationnel pas le technique qu’on essaie de faire passer".

Pour traiter du problème de la violence dans le couple les animateurs du planning familial de Verviers utilisent un jeu de société. Mme Ancion confie que les animateurs doivent souvent créer leur propre support et se montrer créatifs en "apprenant sur le tas".


Internet ne véhiculerait que des conceptions déformées de la sexualité à travers les sites pornographiques et les forums participatifs sans contrôle de professionnels ? Lancé en octobre dernier en Flandre, le site "Hoe Het Moet" ("montre moi comment") va contre cette idée et a remporté un succès important : plus de 100 000 visiteurs uniques en une semaine. Le concept ? Des tutoriels vidéo pour les jeunes belges, garçons et filles, hétéro ou homo, qui voudraient en savoir un peu plus sur le côté "technique" de l'acte sexuel. Dès les premiers jours de mise en ligne, plus de 20 000 cours vidéo ont été vendus, à des prix allant de 2€ à 10€ environ. Adapté d'un site créé en 2007 aux Pays-Bas, la formule semble plaire et une version anglaise a été lancée au Royaume-Uni, avant l'arrivée prévue en France début 2012. 




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