Connexion

Syndicate content

Education sexuelle: Interdit aux moins de 16 ans

lundi, 14 novembre, 2011 - 15:28

Pas très précoces: les jeunes britanniques n'ont droit à des cours d'éducation sexuelle qu'à partir de 16 ans. La proportion des jeunes ayant eu un rapport sexuel non protégé avec un nouveau partenaire a augmenté dans les deux dernières années et le Royaume-Uni demeure le pays d'Europe de l'Ouest où le nombre de grossesses adolescentes est le plus élevé.

Au Royaume-Uni, les professeurs sont tenus d’enseigner les aspects biologiques de la reproduction aux élèves qui ont 16 ans au moins, mais pas question de le faire avant cet âge, les conservateurs s’y étant opposé en 2010. Les parents ont par ailleurs tout à fait le droit de retirer leurs enfants de ces cours. Cerise sur le gâteau, aucun intervenant extérieur n'est présent pour aborder ces questions plutôt délicates, ce que regrettent les enseignants et les associations spécialisées.

La capote n'a pas la cote

Un peu plus de la moitié des jeunes britanniques seulement (55% pour les femmes et 62% pour les hommes) estime qu’elle a été bien informée sur les méthodes de contraception disponibles, et 16% d’entre eux pensent que la méthode du retrait constitue une forme efficace de contraception. Interrogés par le quotidien The Guardian, des adolescents britanniques témoignent en outre d'un environnement peu propice à l'usage du préservatif. La pression pour avoir des relations sexuelles, et pour les avoir sans préservatif, est intense, confie la jeune Odia: "Si vous faites l'erreur de dire "oui, je t'aime", alors les garçons l'utilisent contre vous. Ils répondent "si tu m'aimes, alors nous n'avons pas besoin d'utiliser une capote".

Une pression d'autant plus aigue lorsqu'elle transite par Internet, qui déforme et livre une vision crue de la sexualité. "On y apprend rien du tout sur les relations. C'est toujours purement anatomique", explique Shenee, 17 ans.

19% des jeunes femmes et 16% des jeunes hommes déclarent ne pas avoir reçu d’éducation sexuelle à l’école et 16% des deux sexes ne font pas confiance à leurs professeurs pour leur fournir des informations exactes et non biaisées sur les choix contraceptifs.

Une étude récemment publiée en Angleterre rapporte que la proportion des jeunes ayant eu un rapport sexuel non protégé avec un nouveau partenaire a augmenté dans les deux dernières années. Sur les 61% des Britanniques entre 16 et 19 ans ayant eu un rapport sexuel avec un nouveau partenaire, 43% admettent ne pas avoir utilisé de contraception, contre 36% en 2009. Le Royaume-Uni demeure largement en tête en termes de grossesses adolescentes en Europe de l'Ouest, avec un taux de fécondité des adolescentes de 29,6 (contre 5 aux Pays-Bas, un peu plus de 7 en France et en Allemagne, et moins de 13 en Espagne). Et la proportion des jeunes femmes déclarant connaître une personne (amie proche ou membre de leur famille) ayant subi une IVG a pour sa part augmenté de 36% à 55%.

Shocking !

Je pense que les parents ont le droit absolu de protéger leurs enfants de cette sorte d’éducation sexuelle qui s’obstine inutilement à détruire l’innocence des enfants, d’une façon qui fait penser à de la pédophilie. A mes yeux, toute personne qui veut parler de manière grossière à de jeunes enfants est un danger pour eux".

Ces mots ont été prononcés en octobre dernier lors de l’émission Sunday Morning Live diffusée sur la BBC, par la militante des valeurs familiales Lynette Burrows, dans un débat sur l’éducation sexuelle à l’école. De manière très impartiale, les journalistes de l’émission avaient invité essentiellement des "débatteurs" anti-éducation sexuelle à l’école, rendant la position de la seule intervenante pro-, la professeure d’éducation sexuelle Alice Hoyle, difficile à défendre.

Même au pays de la capote, les activistes anti-contraception ont encore une certaine influence…




Pays