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Crash en plein vol de la mafia madrilène

mercredi, 16 novembre, 2011 - 14:35

Le crime organisé madrilène a tenté d'acheter un terminal d’aéroport pour introduire de la cocaïne en Espagne. Ils comptaient y faire transiter 8 à 10 tonnes de poudre par mois. Une paille.

Trois cents kilos de cocaïne, 27 millions d’euros en liquide, 150 détenus, des biens évalués à 75 millions d’euros: ainsi s’est soldée récemment une macro-opération contre le crime organisé madrilène, dont les différents épisodes se sont déroulés sur trois ans. Et pour un peu, la police aurait même carrément pu mettre la main sur un aéroport.

Poudre aux yeux

S'il n'avait pas été stoppé, le projet du réseau criminel démantelé était, en effet, d’acheter – ou de louer en exclusivité – ni plus ni moins qu’un terminal de l’aéroport de Ciudad Real (Castille-La-Manche). Une plateforme logistique idéale pour introduire la drogue venue d’Amérique Latine et d’Afrique, et une parfaite alternative à la voie maritime souvent utilisée depuis l’Amérique du Sud. Le plan était bien ficelé, grâce, d’après la police, à l’aide du chef corrompu d’une entreprise immobilière cotée en bourse, d’un entrepreneur du secteur aéronautique et d’un cadre d’une banque.

L’organisation criminelle voulait faire transiter par l’aéroport huit à dix tonnes de cocaïne par mois. Pour se faire une idée de l’ampleur du projet, il suffit de rappeler qu’en 2009, 25 tonnes de cocaïne ont été saisies en Espagne. Autant dire que le projet était colossal. Mais l’Unité de Délinquence Spécialisée et Violente (UDEV) de la police espagnole n’a pas laissé le temps à cette mafia de réaliser ses plans.

Sexe, drogue et rock'n'roll

Tout a commencé par une histoire, somme toute banale, de bandits, de meurtres, d’extorsions de fonds et de drogue, le tout dans un décor nocturne et festif. L’assassinat du videur d’une boîte de nuit à Madrid en janvier 2009 avait poussé la police espagnole à mettre le nez dans le business occulte de la nuit madrilène, contrôlée par plusieurs bandes criminelles, dont celle connue sous le nom de "Clan des Bulgares", chapeautée par "Ivó le Bulgare". La mission de cette bande était de surveiller les entrées et sorties de discothèques et la vente de cocaïne.

Ivó le Bulgare était, en fait, l’agent d’une organisation plus vaste, dirigée par un homme dont le nom n’a pas été rendu public, et dont l’un des meneurs, Lauro Sánchez Serrano – un chef d’entreprise madrilène – était propriétaire de plusieurs de ces discothèques. 

Folie des grandeurs

Leur trafic devait être aussi florissant que prometteur puisqu’ils avaient créé un laboratoire pour fabriquer la cocaïne, découvert au cours de l’enquête en janvier dernier. La plus grande raffinerie du genre en Europe, où se manipulaient trente-trois tonnes de produits chimiques, avait élu domicile dans une petite maison anodine, perdue dans la campagne madrilène…

Les trafiquants y produisaient de quoi fournir la drogue aux clients espagnols, deuxième consommateurs de cocaïne en Europe, après les Britanniques. La folie des grandeurs du crime organisé madrilène a été stoppée en plein vol par la police.




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