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Crise : la cocaïne coupée à l’austérité

mercredi, 16 novembre, 2011 - 17:32

Les difficultés financières des Européens, engendrées par les mesures d’austérité, touchent de plein fouet la consommation de cocaïne. Trop chère, elle est remplacée par des drogues nouvelles et surtout légales, disponibles sur internet.

La cocaïne aussi connaît la crise. Les difficultés financières des Européens ont provoqué un recul de la consommation de poudre blanche en Europe, notamment au Royaume-Uni, son plus gros consommateur du continent. Selon le rapport publié mardi par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), la consommation de cocaïne "aurait atteint un sommet" et subirait depuis peu le contrecoup de son prix important.

Le poids financier associé à la cocaïne la rend moins attractive dans les pays où l’austérité est désormais à l’ordre du jour.

En 2010, 4,8% des 15-34 ans en auraient consommé contre 6,1% en 2009. Du coup, entre 2004 et 2009, le tarif de sa vente au détail dans l’Union européenne a chuté de 21% en moyenne, le gramme le plus cher se payant au Luxembourg (104 euros), le moins cher dans les îles Britanniques (45 euros), où la pureté serait aussi la moins élevée.

Trente-neuf nouvelles drogues en 2011

Plus de 14 millions d’Européens en ont déjà consommé dans leur vie, dont 4 millions au cours de l’année passé. Le Royaume-Uni, pour sa part, estime que 25 à 30 tonnes sont importées chaque année sur son territoire. En Espagne, la mafia a même tenté de prendre en otage un terminal d'aéroport pour faire circuler sa cocaïne.

Pourtant, le désintéressement progresse. Et se ferait en faveur de drogues nouvelles. En 2011, 39 nouvelles drogues auraient ainsi été notifiées à l’OEDT par Interpol après 41 en 2010, amenant à plus 150 le nombre de substances surveillées par le système européen d’alerte précoce.

L’émergence rapide de nouvelles substances psychoactives non contrôlées, souvent vendues sous l’appellation "euphorisants légaux" constitue un défi croissant tant en Europe qu’à l’échelle internationale,

estime l’organisation. Problème majeur: un grand nombre de ces nouveaux produits sont légaux pour une utilisation non humaine (pour les plantes, animaux, etc) et sont disponibles sur Internet auprès de revendeurs difficiles à débusquer.

Le cannabis suivrait la même tendance que la cocaïne. S’il reste la drogue la plus répandue d’Europe avec 22,5 millions de consommateurs estimés en 2010, et si au moins 78 millions d’Européens entre 15 et 64 ans – soit un Européen sur cinq – en ont déjà consommé dans leur vie, elle reculerait de manière importante auprès des collégiens et lycéens.

La proportion des élèves britanniques à avoir au moins fumé un joint est passé de 40% en 2000 à 22% en 2010. Seules exceptions, la Bulgarie, l’Estonie, la Finlande et la Suède, où la consommation continuerait à progresser.




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