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Le foot allemand en pleine déprime

vendredi, 25 novembre, 2011 - 11:42

Les tentatives de suicide des joueurs de foot et d'arbitres se multiplient au plus haut niveau de la compétition pour cause de surmenage, de déprime et de "pressions immenses".

L’hécatombe continue… Après les stars du ballon rond et leurs entraîneurs, c’est au tour des arbitres de foot de craquer sous la pression du public et des résultats. Samedi dernier, à 40 minutes du coup d’envoi de la rencontre entre Cologne et Mayence, Babak Rafati a été retrouvé dans le bain de sa chambre d’hôtel avec les veines tranchées.

L’homme en noir a eu la vie sauve. Hospitalisé d’urgence, il est sorti lundi matin de l’établissement avant de demander à nouveau l’aide des médecins "à cause de son état".

Ce banquier de 41 ans d’origine iranienne, qui a arbitré 84 rencontres de première division depuis ses débuts en 2005, n’a visiblement plus supporté d’être le "vilain petit canard" des terrains de football. Nommé à trois reprises lors des quatre dernières années "pire arbitre de la Bundesliga" par le magazine Kicker, il n’était plus officiellement recommandé par sa fédération pour arbitrer des matchs internationaux.

Si le président de la Fédération allemande de football (DFB), Theo Zwanziger, attribuait samedi cette tentative de suicide à la "pression immense" qui pèse en permanence sur les arbitres, des sources policières semblent infirmer cette hypothèse. Citées par l'édition en ligne du quotidien allemand Kölnische Rundschau, ces sources évoquent des "raisons personnelles" indépendantes de son activité arbitrale.

Les joueurs craquent en série

La tentative de suicide de Babak Rafati n’est toutefois pas une première. En 2009, le gardien international Robert Enke, qui jouait pour Hanovre, s’était donné la mort en se jetant sous un train. Malgré une carrière en dents de scie, qui l’avait conduit dans pas moins de sept clubs différents en 14 ans, dont Barcelone, Benfica et Fenerbahçe, ce sportif de tout juste 32 ans surfait enfin sur la vague du succès.

Sélectionné à plusieurs reprises dans l’équipe nationale, il semblait pouvoir devenir le dernier rempart de la Mannschaft pour un bon nombre d’années. Mais le "mur" au crane chauve était fissuré. Souffrant de dépression depuis 2004, son état s’était empiré depuis le décès de sa jeune fille Lara deux ans plus tard, révélera – trop tardivement – son épouse. Sa mort avait plongé l’Allemagne dans l’émoi.

"Si nous voulons honorer sa mémoire, nous devons parvenir à ce que tout le monde dans le foot puisse vivre sans angoisse", avait alors souligné Theo Zwanziger, le président de la Fédération allemande de football (DFB). Mais ce vœu semble être resté pieux. Les professionnels du ballon rond continuent en effet de craquer à un rythme inquiétant en République fédérale.

L'éternelle solitude du gardien de but

En septembre, Markus Miller, le gardien de but remplaçant de Hanovre – encore lui -, s’est ainsi fait hospitalisé pendant 11 longues semaines pour se remettre de son "surmenage".

Cet automne, l'ancien entraîneur de Schalke 04, Ralf Rangnick, a préféré démissionner en raison d'un épuisement général six mois à peine après sa nomination.

Le 15 octobre, l'international tchèque Martin Fenin, qui joue en deuxième division pour Energie Cottbus, s’est défenestré du deuxième étage de sa chambre d'hôtel. Heureusement pour lui, il s'en est sorti par miracle avec seulement un sérieux traumatisme crânien.

En état d’ébriété avancé et bourré de barbituriques, il supportait mal d’avoir été éjecté de la première division. 

Cela faisait plusieurs mois que j'étais ébranlé par le sentiment de résignation, de solitude et la dépression",

a t-il expliqué.

Cette dégringolade, beaucoup de sportifs l’ont ressenti surtout au moment de leur départ en retraite. Mais rares sont ceux qui trouvent un collègue ou un ami à qui parler. Le milieu assez macho du football ne laisse pas de place aux faibles ou aux malades.

Les grandes équipes disposent toute d’une armée de docteurs et de physiothérapeutes pour soigner les bobos de leurs champions. Mais elles oublient souvent de recruter un bon psychologue. Un vague à l’âme peut pourtant faire beaucoup plus de dégâts qu’une entorse…




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