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Les footballeurs italiens appellent à acheter de la dette

lundi, 28 novembre, 2011 - 14:34

Les Italiens sont appelés à racheter une partie de la dette colossale de leur pays. Même les footballeurs soutiennent ce "BTP Day" et encouragent leurs supporters à mettre la main à la poche. Pas sûr pourtant que cette initiative suffise à redonner confiance aux marchés au moment où l'hypothèse d'un plan d'aide du FMI a été démentie.

Sauver l’Italie en rachetant une partie de sa dette publique. C’est l’idée lancée par un entrepreneur âgé de 51 ans qui s’est payé une pleine page le 4 novembre dernier dans le quotidien milanais Il Corriere della Sera.

Italiens, achetons notre dette. Ces dettes, c'est nous qui les avons faites (…) C’est la seule façon de faire remonter le cours de nos actions et de nos biens,

a écrit Giuliano Melani. L'iniative a rencontré un bel échos et trouvé de nombreux relais. Pour preuve, l’avalanche de courriels et de coups de fils reçus par l'entrepreneur depuis la publication de son appel aux Italiens.

Du coté des banques, le défi a été relevé. Après avoir qualifié cette initiative de "signal qui témoigne un engagement retrouvé", le président de l’association des banques italiennes (ABI) a invité les instituts financiers à faire un geste de bonne volonté. La semaine dernière, une vingtaine de banques dont les plus grandes comme IntesaSanPaolo le premier institut de crédit italien, Unicredit et Bnl-Bnp ont annoncé qu’elles n’appliqueront pas de commissions sur l’achat de bons du trésor publics (BTP).

Une opération "symbolique"

L’association des banques italiennes a reconnu que cette opération est essentiellement "symbolique", dans la mesure où le gain pour les particuliers tentés par l'aventure sera très faible – environ 0,30 euros pour 1 000 euros investits -, tout en soulignant que cette contribution pouvait être "importante pour montrer la confiance que les Italiens ont en leur propre pays" et "peut aider à améliorer le jugement global des marchés".

Le "BTP day" qui a démarré ce lundi matin ne concerne que les particuliers et les entreprises. Une nouvelle opération aura lieu le 12 décembre prochain avec la vente de titre de nouvelles émissions et notamment les BOT, c'est-à-dire les titres de crédit à court terme.

L’idée a aussi suscité des réactions positives au niveau de la société civile. Jusqu'aux footballeurs, qui avaient pourtant menacé le gouvernement Berlusconi de ne plus taper dans le ballon rond lorsque le Conseil des ministres avait tenté d’introduire une taxe sur les revenus plus élevés.

Les footballeurs ne bottent pas en touche

Alors que les taux d'emprunt atteignaient vendredi des niveaux record lors d'une émission obligataire, à 6,504% contre 3,535% lors de la dernière opération similaire (le 26 octobre) pour les obligations à six mois et à 7,814%, contre 4,628% pour celles à deux ans, l’association italienne des joueurs de football (AIC) a demandé à ses inscrits d’acheter les obligations de l’État.

Certains d'entre nous jouent dans la sélection nationale. De toute manière, nous sommes tous des supporters de ce pays et croyons en sa force, et pour cette raison nous adhérons à la "Journée des bons du Trésor",

a déclaré Damiano Tommasi, président de l’AIC.

Durant le week-end, l’association a envoyé une lettre à tous les capitaines des équipes italiennes pour leur demander d’acheter des bons du trésor.

Ce matin, les partis politiques de droite comme de gauche ont annoncé avoir acheté des obligations. Les résultats de cette première journée particulière pour l’économie transalpine seront annoncés ce soir après la fermeture de la bourse de Milan.

"Faire vite"

En attendant, ce signal arrive à point nommé pour donner un coup de pouce au gouvernement Monti qui a passé un très mauvais week-end. Après la publication d'un article du Financial Times, qui accusait le nouvel exécutif d’inertie quasi-totale, plusieurs leaders européens sont montés au créneau. Dans un communiqué officiel publié dimanche matin, Nicolas Sarkozy a demandé à Mario Monti "de faire vite".

Faire vite, cela veut dire réunir son conseil des ministres au plus tôt pour adopter les premières mesures réclamées par l’Union européenne et la Banque centrale européenne. Pour rassurer Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel qui parlent "d’attaque contre l’Italie pour frapper la monnaie unique en plein cœur", le président du Conseil italien a immédiatement répliqué en convoquant ses ministres lundi prochain.

Au menu : les retraites, l’augmentation de la TVA, la réintroduction de l’impôt sur la première propriété foncière aboli en 2008 par Silvio Berlusconi et des mesures ciblées pour relancer l’emploi.




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