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Crise: un Noël pas très hotte

vendredi, 9 décembre, 2011 - 10:58

Système D, bons plans, prix cassés, ... Les sacrifices réclamés par Mario Monti ont déjà commencé en Italie. Avec en première ligne, tout le "superflu". Du coup, Noël est placé cette année sous le signe de l’épargne.

Pas de larmes et de sang mais des sacrifices. C’est ce que le président du Conseil italien Mario Monti a promis à ses compatriotes. Une façon diplomatique de jouer sur les mots car ces fameux sacrifices ont en vérité la saveur des larmes versées par Elsa Fornero le ministre des Affaires Sociales lorsqu’elle a expliqué la réforme des retraites aux Italiens.

Selon une étude réalisée par deux associations de consommateurs, la "manovra", la cure d’austérité comme l’appelle les Italiens, amputera de 3 200 euros le budget annuel des foyers. Cette étude réalisée à la louche est certainement inexacte puisqu’elle ne tient pas compte des différentes fourchettes de revenus et de dépenses des Italiens. Mais au-delà des chiffres, le fait est que les Italiens vont bel et bien devoir se serrer la ceinture pour éviter que la péninsule ne soit mangée à la sauce grecque. 

Le budget cadeaux passe à la trappe

C’est d’ailleurs ce qui inquiète les commerçants. A trois semaines des fêtes de fin d’années, les magasins sont vides et les rayons toujours pleins. Par manque d’argent, les Italiens, qui ont déjà du mal à payer leurs loyers et leurs notes d’électricité et de téléphone, n’ont pas le cœur aux cadeaux de Noel. Le temps n’est pas revenu aux oranges sous le sapin comme pendant la Seconde Guerre mondiale, mais il n’est pas non plus aux présents coûteux.

La course n’est plus aux cadeaux mais aux économies et les commerçants l’ont bien compris.

Les histoires d'Ipad, Iphone et de pull en cachemire sont finies. Cette année, je vais faire les marchés pour trouver des trucs intéressants",

déclare Anna.

Pour cette quadragénaire blonde et souriante employée du ministère des postes, des "trucs intéressants" cela veut dire des articles dégriffés. "A Rome, il y a aussi les magasins ou on vend les vêtements vintage au poids, pour quelques euros je vais bien trouver une jolie petite robe pour ma fille", continue Anna.

A côté de la basilique Saint Jean, Alessandra tient une mercerie. Beaucoup de visiteurs, mais peu d'achats. Du coup, elle s’est rendue à la politique des prix cassés. "J’ai confectionné des paquets cadeaux avec des bas, des écharpes et des gants. Cela marche et au moins je ne perdrais pas mon mois même si je ne vais pas faire de bénéfices", explique Alessandra.

Courses aux bons plans

Les petits cadeaux façon bon plan font fureur cette année. A commencer par les savons et produits de beauté  en tout genre vendus dans les magasins de la marque anglaise Beauty Shop. De même que les livres. "Un bon polar ne coûte pas cher et rempli les creux pendant les fêtes de Noel", ironise Marco.

Dans le vieux quartier du Trastevere, Daniele Accardo a son atelier. Spécialisée dans la production d’écharpes en cachemire, elle organise chaque année des ventes pour écouler ses échantillons. "Je fais des grands paniers. Les prix démarrent à dix euros pour une petite écharpe et arrivent à 100 euros. Mais cette année, je vais être obligée de baisser mes tarifs", déclare Daniela. Sa clientèle en partie composée de femmes auparavant aisées est devenue regardante et contrôle les prix des étiquettes à la loupe.

Dans le centre de Rome, les badauds chinent. Les malins scrutent les articles pour noter l’éventuel petit défaut qui leur permettra de demander une ristourne, que la vendeuse fera pour ne pas perdre une vente.

Prix cassés

Pour inciter les consommateurs à remplir- ne serait-ce qu’à moitié- leurs chariots à roulettes, de nombreux commerçant ont eu l’idée d’avancer la période des soldes qui démarre normalement le 6 janvier. Résultat : prix cassés sur tous les rayons. Les étiquettes bien en vue sur les articles exposés en vitrine affichent des réductions de 30% et les journaux sont remplis de publicités alléchantes.

De Rome à Milan, les "magasins temporaires", qui s'installent pour quelques mois et cassent les prix, poussent comme les champignons en automne. De même que les boutiques outlets, c'est-à-dire les magasins spécialisés dans les prix de gros. Mais pour certains, ces magasins qui multiplient les promotions sont une source de dangers pour les consommateurs.

Les magasins temporaires, ne respectent pas les normes. La plupart du temps, les produits vendus sont de mauvaise qualité ou ont des défauts",

explique Renato Borghi, président de l’association Federmoda.

Les soldes toute l'année

En parallèle, les commerçants multiplient les pressions pour abolir le système des soldes biannuels.

Cette habitude doit disparaitre car le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de baisser. Les magasins devraient avoir la possibilité de baisser les prix de façon ponctuelle et non pas seulement durant les périodes de soldes comme aux Etats-Unis",

estime Rosario Trafiletti président de l’association de consommateurs Federconsumatori.

Mais cela suffirait-il là relancer une consommation en pleine déprime ? "Les baisses de prix attirent surtout les consommateurs qui veulent acheter des produits de marque", analyse Luciano Santel, administrateur délégué de Stefanel, le concurrent de Benetton.




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