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Le roi Juan Carlos piégé par un gendre ex-idéal

mardi, 13 décembre, 2011 - 18:12

Le gendre du roi Juan Carlos, Iñaki Urdangarín, est soupçonné de détournement de fonds. La famille royale promet plus de transparence sur ses dépenses financées par les contribuables espagnols.  

Le prince charmant avait tout pour plaire : beau, jeune, sportif, riche… Mais corrompu… enfin, soupçonné de l’être. En quelques semaines, l’époux de la benjamine du roi Juan Carlos et de la reine Sofia, est passé du statut de gendre idéal à celui de paria.

Iñaki Urdangarín, fils de banquier, médaillé de bronze en handball aux Jeux Olympiques d’Atlanta et de Sydney, 41 ans, sourire ravageur et yeux bleus d’acier, séduisait son monde, et en particulier, Cristina, l’infante d'Espagne, qu’il épousa en 1997. Depuis, devenu Duc consort de Palma et grand d'Espagne, il menait de front sa vie professionnelle de cadre sup chez Telefónica et ses obligations de membre de la famille royale qui lui imposaient de participer à certains événements officiels et de représentation.

Désormais, il n’aura plus qu’à se concentrer sur sa carrière. La famille royale l’ayant officiellement exclu de tous actes officiels du fait de son comportement "peu exemplaire", bien que le Chef de la Maison du Roi ait rappelé à la presse le principe de présomption d’innocence.

La rupture entre gendre et belle famille est donc consommée. Urdangarín a déçu. Il y a quelques mois ce sont les noms de collègues d’Iñaki qui ont été cités dans le cadre l’enquête pour détournements de fonds publics de l’affaire dite de "Palma Arenas". Puis, petit à petit l’étau s’est resserré autour de l’Institut Noos, association à but non lucratif qu’il préside depuis 2004. Le siège de l’institution a été perquisitionné début novembre. Depuis, les infos distillées la presse people, toujours, comme il se doit, "exclusives", laissent entrevoir le dénouement: la probable inculpation du Duc de Palma.

Perte de confiance 

Le possible détournement de fonds publics par un membre de la famille royale n’est vraiment pas du goût des Espagnols en ces temps de crise et d’austérité drastique. Le fait qu’Urdangarin ait présenté ses excuses pour le préjudice causé à la famille royale en fin de semaine dernière n’y change pas grand-chose.

Le scandale tombe d’autant plus mal qu’en octobre, la famille royale a, pour la première fois, obtenu une note inférieure à la moyenne dans l’enquête sur la confiance dans les institutions menée par le Centre d’Investigations Sociologiques (CIS).

Dans ce contexte, la famille royale a décidé de jouer la carte de la transparence. Alors que les 8,3 millions de dotation de l'Etat qu’elle a reçu pour 2011 sont à la disposition discrétionnaire du roi, l’institution royale a décidé que, désormais, elle rendra compte de l’état de ses finances en fin d’année.

Transparence, Urdangarin écarté… Le roi Juan Carlos fait le ménage. Reste à savoir comment il va gérer le cas de l’infante Cristina, épouse d’Urdangarin, secrétaire du conseil d’administration d’Aizoon, promoteur immobilier vers laquelle Urdangarin aurait détourné une partie des fonds publics… "On verra", a répondu le Chef de la Maison du Roi. Quant à Urdangarín, d’après son avocat, il est serein mais… "un peu indigné".  




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