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Noël dans ses petits souliers

vendredi, 23 décembre, 2011 - 15:47

Que ce soit le 24 décembre au soir ou le lendemain, dans les pays du nord de l'Europe, on fait bombance pour Noël. Mais chacun a ses spécialités locales et ses rituels. Petit tour d'Europe septentrional de la Nativité.

Pologne: une fête religieuse et familiale

Il y a 30 ans, à Noël, sous la grisaille communiste et le knout du général Jaruzelski qui avait instauré l’état de siège avec la loi martiale le 13 décembre 1981, les gens faisaient la queue dés la levée du couvre-feu à six heures du matin pour faire de maigres emplettes pour le réveillon. Depuis, les temps ont bien changé. Dans la Pologne capitaliste les foules ont l’embarras du choix, de l’hypermarché avec ses cadeaux bon marché aux grandes enseignes de luxe. Mais Noël, avec ses koleda (chants), ses messes et ses rites reste la fête la plus importante.

Dans la très catholique Pologne, Noël est une fête religieuse et familiale. Le 24 au soir, avant de diner, on partage l’oplatek, une hostie que l’on casse et partage par petits bouts avec son voisin en lui souhaitant, pour chaque morceau, un vœu. Un geste symbolique de la famille et de la conciliation.

La veille de Noël, on mange donc exclusivement du poisson. Ce repas est composé de 12 petits plats (correspondant aux 12 apôtres), dont la célèbre "carpe à la juive", ou encore les "pierogi", de gros raviolis traditionnels polonais farcis de chou et de champignon.

Après le repas c’est le temps des cadeaux apportés par "la bonne étoile" en attendant la Pasterka, la messe de minuit. C’est le point central de toutes les cérémonies liées avec la naissance de Jésus.

La journée du 25 décembre commence par la grande messe et ensuite la famille se réunit autour de la table bien garnie. La journée se passe à manger, à boire (avec un net penchant pour la vodka) et à chanter. Na zdrowie!

Finlande: jambon, rutabaga et hareng

En Finlande, le 24 à midi, la "paix de Noël" est proclamée par l'archevêque de Finlande… Très conservatrice et vaguement en retard (périphérie oblige!), la Finlande se goinfre du sempiternel même menu de Noël depuis l'aube de l'humanité. Il faut avoir un jambon, le plus énorme possible, entouré de gratins de rutabaga, pommes de terre, carottes et de quelques salades de betterave.

Que du costaud. Que du paysan en diable. Et tout ceci peut s'agrémenter de quelques préparations de hareng baltique, assaisonnées de différentes manières. Côté cadeaux: il est de bon ton d'offrir quelque chose qu'on a fabriqué soi-même, au grand désespoir des boutiques de jouets made in China.

Royaume-Uni: Lock-out général

En Grande-Bretagne, le dimanche de Noël, c'est le lock-out. Métro, bus et trains sont à l’arrêt toute la journée, si bien que des compagnies aériennes comme Easy Jet ont décidé de suivre l'exemple et d'interrompre leurs vols vers le Royaume-Uni en ce jour béni.

Il est vrai qu'après le repas de Noël – le dimanche 25 décembre à déjeuner et non pas, comme souvent en France, la veille au soir – les Britanniques doivent digérer.

Car c'est du lourd! Le repas typique est composé d’une dinde bien dodue, si possible enroulée dans des tranches de bacon, accompagnée de légumes. De préférence, des choux de Bruxelles (preuve, s'il en est qu'en matière culinaire les Anglais ne sont pas sectaires), des pommes de terres grillées et des panais, et de petites saucisses de porc enroulées dans du bacon (encore et toujours).

Le tout est servi avec une sauce aux cranberries et une sauce gravy, c’est-à-dire le jus de cuisson de la viande cuit pour être densifié. Enfin, en dessert, l’inimitable Christmas Pudding (qui peut être préparé trois bons mois à l’avance) avec sa sauce au Brandy pour tuer les derniers survivants. On comprend qu'après de telles agapes, le pays s’arrête.

Pays-Bas: Noël ne connait pas la crise

La crise a-t-elle affecté les habitudes des Néerlandais ? Ce n’est pas ce qui ressort d’une enquête en ligne conduite par la chaîne de magasins de cadeaux et déco, De Bijenkorf (la Ruche) auprès de 5.000 de ses clients: 89 % des Néerlandais ont bien l’intention de célébrer Noël et 84 % d’entre eux savoureront un copieux dîner.

Mais les Hollandais préfèrent attendre le nouvel an pour tout faire exploser. Ils aiment le pétard. Sous toutes ses formes. Après Noël, ils dévalisent les boutiques de feux d’artifice pour transformer, le soir du 31, leur jardin en show lumineux. Cette nuit-là, un brouillard épais envahit toutes les villes du royaume : un brouillard qui sent la poudre et ne doit rien à l’hiver, mais aux retombées pyrotechniques des feux de décembre passant dans l’air froid de janvier. C’est à qui aura le feu d’artifice le plus gros, le plus brillant, le plus long, le plus détonnant !

Certains épargnent toute l’année pour pouvoir s’offrir des fusées ou des girandoles. Il est vrai que les prix varient de quelques euros pour les pétards basiques à plus de 500 euros pour le coffret complet… 


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