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En Italie, la crise achève bien les chevaux de course

lundi, 9 janvier, 2012 - 15:33

Désarçonné par l’effondrement des paris, le secteur hippique doit franchir un nouvel obstacle: la baisse des subventions alloués par l’État. 15.000 chevaux de course pourraient bientôt finir à l’abattoir. 

En Italie, quelques quinze mille étalons, dont plusieurs purs sangs, risquent de finir à l’abattoir. Pour les éleveurs et les champs de courses, en grande difficulté depuis des années, la politique d’austérité budgétaire du gouvernement Monti ressemble fort au coup de pied de l'âne.

L’an dernier, les financements publics pour le secteur hippique étaient de 150 millions d’euros. Cette année, l’Etat se contentera de signer un chèque de 40 millions d’euros. Une catastrophe pour les quarante-quatre hippodromes italiens. Et aussi pour Assi, l’agence pour le développement du secteur hippique, qui dépense chaque année 2,5 millions d’euros pour le loyer de son siège et en verse 12 autres à la Snai, la société des paris hippiques et sportifs, au titre des droits de retransmission des courses.

Difficile de se remettre en selle

Reste que la crise qui frappe le secteur hippique de plein fouet ne date pas d’hier. Il a tout juste cinq ans, les hippodromes avaient déjà fermé boutique pendant un mois. Face à l’ampleur de cette protestation -qui s’inscrivait dans un contexte social et économique agité, le gouvernement Berlusconi avait débloqué 25 millions d’euros. Et promis dans la foulée de reverser, dès l’année suivante, 0,7% du chiffre d’affaire des machines à sous dans les caisses des champs de course. Mais la rallonge allouée par l’exécutif Berlusconi n’a pas endigué la crise.

Les paris hippiques ont continué de chuter: de 70% sur les cinq dernières années. Avec pour conséquence une diminution de 40% du montant des primes de course accordées aux vainqueurs – d’ailleurs payées avec quatre mois de retard.

Un sérieux manque à gagner pour les écuries, déjà plombées par la baisse du nombre de spectateurs payants dans les champs de course, estimée à 60% sur les deux dernières années. Sans oublier, l’augmentation du nombre de bandits-manchots dans les agences de paris hippiques qui captent l’attention des joueurs et leur font oublier les chevaux.

Un remède de cheval

Une crise qui devrait s’accentuer au printemps prochain avec l’arrivée sur le marché italien des courses de chevaux virtuelles, très populaires au Royaume-Uni. Du coup, les quelques 15.000 salariés des hippodromes et les 50.000 familles d’Italiens qui gravitent dans l’univers des courses, craignent une nouvelle baisse de leurs revenus.

Pour mobiliser l’opinion publique et sensibiliser le gouvernement Monti, les opérateurs de secteur ont décidé de rejouer la carte de la grève, comme en 2008. Mais cette fois-ci, elle sera à durée indéterminée, ont déclaré les salariés des hippodromes.

A Rome, le coup d’envoi a été donné avec l’annulation des traditionnelles courses du Jour de l’An organisées dans les hippodromes des Capannelle et de Tor de Valle. A Bologne, en revanche, la clef a été définitivement mise sous le paillasson après que les chevaux ont foulé la terre du champ de course de l’Arcoveggio pour la dernière fois le 31 décembre dernier.

Dernier tour de piste

En parallèle, les éleveurs ont annoncé qu’ils pourraient être obligés, faute d'argent, d’expédier leurs quadrupèdes au paradis des chevaux avant l’heure.

L’entretien d’un cheval coûte 1500 euros par mois et de nombreux éleveurs ont le couteau sous le gorge,

explique Guido Melzi d’Eril président de Federippodromi, la fédération des hippodromes italiens.

Du reste, la chose a déjà commencé même si la loi italienne interdit l’abattage des chevaux de course. A Montegiorgio, au centre de la Botte, plusieurs éleveurs ont déjà baissé les bras et vendent 600 euros le quadrupède aux abattoirs clandestins.

D’autres, assez peu à cheval sur les principes, vendent leurs animaux à la mafia notamment la camorra qui gèrent, entre autres, le business des courses clandestines dans la région de Naples.

D’autres encore préfèrent tenter la carte de l’étranger et prennent contact avec des élevages britanniques, français ou d’Europe de l’Est pour sauver leurs purs sangs.




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