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Les Barcelonais boycottent leur métro, « le plus cher d’Europe »

mardi, 10 janvier, 2012 - 12:15

L'augmentation moyenne de près de 8% du prix des titres de transports dans la capitale catalane ne passe pas. Des usagers excédés ont décidé de boycotter le réseau de transports publics. Le collectif Memetro propose de payer les amendes des usagers contre une cotisation mensuelle de 5 euros.

L'été dernier, la compagnie de transports publics de Madrid lance une campagne publicitaire clamant que le métro madrilène reste le moins cher d'Europe, malgré l'augmentation des tarifs. Nombre d'utilisateurs outrés, et qui font face à des difficultés économiques sans précédent en ces temps de crise, s'élèvent alors contre ce coup de com' fallacieux, arguant que le salaire minimum devait être pris en compte pour faire ce calcul. Résultat ? Les métros de Madrid et Barcelone sont ainsi parmi les plus chers d'Europe, le salaire minimum espagnol étant, lui, l'un des plus faibles de l'UE. 

"A Barcelone, nous avons le métro le plus cher d'Europe"

Le collectif TMB51, du nom de la compagnie de transports en commun de la capitale catalane (Transports Metropolitans de Barcelona) et en référence à la grève historique des usagers du métro en 1951, a ainsi réalisé ce graphique montrant de manière simple que les transports en commun espagnols sont très chers en comparaison du SMIC. 

C'est l'augmentation des tarifs pour 2012, jugée excessive par les usagers, qui a déclenché une polémique à Barcelone à la fin du mois de décembre. Le coût de la carte de 10 trajets (T-10), le titre de transport le plus vendu, a en effet augmenté de 12% au 1er janiver, passant de 8,25€ à 9,25€. En 2004, elle était à 6€. Le prix du ticket de métro pour un trajet unique augmente quant à lui de 38%. 

 

 

"Comparatif des prix entre différentes villes pour un trajet unique de métro en fonction du salaire minimum".

Le 10 janvier, prends tes jambes ou ton vélo

TMB51, qui se décrit comme une "initiative citoyenne née d'un mal-être exprimé à travers les réseaux sociaux", a ainsi lancé une initiative de grève sur le modèle de la "Grève des Tramways de 1951", durant laquelle les usagers des transports en communs de Barcelone avaient massivement boudé les tramways pendant plus de 15 jours. 

Notre proposition est que nous ne prenions pas les transports en commun ce jour là, mais que nous allions à pied, en vélo, en patinette ou que nous faisions du covoiturage pour montrer par ce geste notre rejet et notre imcompréhension de ces mesures",

peut-on lire sur leur blog

Plus de 7.800 personnes ont répondu à l'appel en s'inscrivant sur le groupe Facebook créé pour l'occasion et l'on peut lire sur le "mur" des centaines de commentaires, encouragements et autres bon plans pour se déplacer sans utiliser le métro ou le bus. 

Sur Twitter, les hashtags #TMB51 et #vaga10g permettent de suivre les pérégrinations des Barcelonais ayant décidé de suivre le mouvement. C'est ainsi le cas de Afrika Winslet qui a décrit son trajet à pied ce matin. Partie de chez elle à 8h33, elle est arrivée à 9h30, soit seulement 15 minutes de plus qu'en bus, le soleil en prime, confie-t-elle.

Alternatives en tous genre …

Outre la grève comme moyen de protestation et d'alerte de pouvoirs publics, diverses initiatives ont été lancées à Barcelone pour ne pas payer le métro à un prix exhorbitant.

Deux ingénieurs de l'Université Polytechnique de Barcelone (UPC), Daniel Martínez et Guillem Mateos, ont imaginé un système de cofinancement des cartes T-10 par des entreprises en échange de publicité. Les personnes intéressées doivent se rendre sur le site de Promobilletes et commander la carte au tarif réduit. Bien qu'aucune entreprise n'ait encore signé de contrat, le succès a été immédiat: le site reçoit plus de 10.000 visiteurs par jour et leur compte Twitter a été bloqué en raison de l'augmentation trop soudaine de leur nombre de followers.

Plus original, le collectif Memetro propose de payer les amendes des usagers contre une cotisation mensuelle de 5€. 

L'association se charge de payer les amendes de ses membres qui auraient oublié de payer leur ticket de métro à cause du lapsus provoqué par le memetro [néologisme revendiqué par l'association]".

Lors des contrôles, les utilisateurs de Memetro sont invités à présenter leur carte de membre et à payer l'amende demandée "sans opposer la moindre résistance, et avec un beau sourire ironique".

Si la TMB ne consent pas à réviser ses tarifs, il y a fort à parier que les agents du métro barcelonais seront confrontés à de plus en plus de sourires moqueurs lors des contrôles … 


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