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Un navire russe chargé de tonnes de munitions atteint la Syrie

jeudi, 12 janvier, 2012 - 15:21

La Turquie affirme qu'un navire russe, soupçonné de transporter 35 à 60 tonnes de munitions et d'explosifs, a mouillé dans le port de Tartus, sur la côté syrienne. Les autorités chypriotes grecques l'avait laissé repartir, à la suite d'une escale dans l'île, après avoir obtenu l'assurance que le navire changerait de destination. En violation de l'embargo européen sur les livraisons d'armes au régime sanglant de Bachar Al-Assad ?

Le ministère turc des affaires étrangères, citant des informations de sa marine nationale, assure que le cargo MV Chariot a accosté mercredi 11 janvier dans le port syrien de Tartus – un port utilisé par les navires de guerre russes pour se réapprovisionner.

Deux jours plus tôt, le Chariot avait quitté la Russie, probablement depuis Saint-Petersbourg, où est basé son armateur, Westberg Ltd. Direction : la Turquie avant Latakia, en Syrie. Une route permettant de ne pas violer l'embargo sur les armes en direction du régime de Bachar Al-Assad, décrété par l'Union européenne.

Le lendemain, de mauvaises conditions météorologiques obligent le navire à faire escale à Limassol, au sud-ouest de Chypre. Mais le Chariot attire l'attention des autorités locales qui montent à bord pour inspecter la cargaison.

L'inspection directe du contenu de la cargaison était impossible à cause du manque d'espace. On a constaté que le navire transportait une cargaison dangereuse vers la Syrie et la Turquie",

rapporte le communiqué des autorités chypriotes.

Un temps bloqué au port, le navire est autorisé à reprendre sa route après que les propriétaires du navire ont garanti qu'il n'irait pas déchargé sa cargaison en Syrie. Incompétence, naiveté ? Le Chariot est arrivé à "bon" port, avec à sa bord 35 à 60 tonnes de munitions, si l'on en croit les informations des médias chypriotes. Le quotidien Politis affirme que le destinataire final n'est autre que le ministère syrien de la Défense.

L'agence de presse Russe Ria Novosti cite, elle, un porte-parole de Westberg Ltd. qui assure sans détour que la cargaison appartient à Rosoboronexport, un marchand de canon sous contrôle de l'Etat russe.

En 2009 déjà, Chypre avait confisqué des munitions à bord d'un navire en provenance d'Iran et à destination de la Syrie, cette cargaison violant le régime de sanctions imposé par l'ONU.

Le chargement, entreposé près de la principale centrale électrique du pays, a explosé en juillet 2011, faisant treize tués et détruisant le bâtiment.

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