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L’Allemagne ne veut plus tomber dans le panneau du solaire

jeudi, 19 janvier, 2012 - 16:38

Dispute électrique en Allemagne. Le front des opposants à l’énergie solaire demande au ministre de l’Environnement de revoir sa politique en la matière. Largement subventionné, le solaire allemand n’a pas fait ses preuves.

Repéré sur Spiegel: Re-Evaluating Germany's Blind Faith in the Sun

Les journées sont trop courtes, la météo mauvaise et le ciel couvert. Depuis plusieurs semaines déjà, les quelque 1,1 million d’installations solaires du pays ne produisent plus d’électricité, ou presque. L’hiver allemand a mis, une fois de plus, le solaire en stand-by.

Alors en attendant le printemps, l’Allemagne doit importer de l’électricité, essentiellement française et tchèque, produite au nucléaire. Une ineptie, raconte le Spiegel, qui fait grincer de plus en plus de dents outre-Rhin, et réveille les critiques les plus acerbes contre une source d’énergie devenue économiquement vaine.

Haro sur les subventions

Le procès du solaire a commencé. L’angle d’attaque de l’accusation est limpide : son coût. L’industrie du solaire en Allemagne bénéficie de subventions faramineuses, prévues par la Loi sur les Énergies Renouvelables, pour un rendement dérisoire. Pour la seule année 2011, les opérateurs de fermes solaires et les propriétaires de panneaux solaires ont perçu 8 milliards d’euros de fonds publics. Dans le même temps, la part du solaire dans la production électrique totale n’excède pas les 3%.

Alors des voix s'élèvent au sein de députés de la coalition au pouvoir pour presser le gouvernement de remettre en question sa foi aveugle dans l’énergie solaire. Les leaders de la CDU (le parti de la chancelière Angela Merkel) et du FDP (les libéraux, au pouvoir avec la CDU) ont demandé au ministre de l’Environnement, Norbert Röttgen, de proposer une refonte de la politique allemande sur le solaire. Date limite: le 25 janvier.

Un ministre de l’Environnement qui risque de se sentir bien seul puisque son homologue à l’Économie (FDP) préconise, lui, de stopper purement et simplement les subventions au secteur.

Des prix qui grimpent

Pour Norbet Röttgen, se faire l’avocat du solaire sera une tâche ardue. Cette source d’énergie n’a pas tenu toute ses promesses en Allemagne, loin s’en faut.

Le rapport coût/rendement est devenu intenable. Selon l’Institut Rhénanie-Westphalie (RWI) de recherche économique, les infrastructures solaires rattachées, au cours de la seule année 2011, au réseau électrique représentent 18 milliards d’euros de subventions pour les 20 prochaines années. Qui s'ajoutent aux 100 milliards déjà déboursée. La nouvelle rallonge pourrait être la goutte d’eau de trop.

En bout de course, ce sont les consommateurs qui payent. Le RWI estime ainsi que le surplus engendré par le solaire s’élève à 3,59 centimes d’euros par kWh. Soit une majoration de 200 euros par an pour une famille moyenne.

Après les centrales nucléaires, les panneaux solaires ?

Un gouffre, pour un rendement effectif laborieux. Le solaire, qui capte 56% des subventions aux énergies renouvelables en Allemagne, ne produit pourtant que 21% du total de l’électricité "verte". Et souffre de la compétition du vent… Pour un coût similaire, l’éolien produirait ainsi 5 fois plus d’électricité que le solaire.

Alors que la fin du nucléaire vient d’être entérinée par Merkel, certains estiment déjà qu’avec la défection du secteur solaire, la transition énergétique allemande pourrait tourner au fiasco.


Repéré sur Spiegel: Re-Evaluating Germany's Blind Faith in the Sun




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