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A l’Est du nouveau: la crise

mercredi, 1 février, 2012 - 08:41

A l'exception de la Pologne, les pays d’Europe de l’Est sont victimes de la crise de la zone euro. La BERD et le FMI se mobilisent pour éviter un assèchement total du crédit et une déroute économique généralisée. Au détriment des pays arabes.

C’était en juillet dernier. Avant que la crise de l’Euro ne rebondisse, la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) créée après la chute du Mur de Berlin pour accompagner les pays de l’Est dans la transition, envisageait, non pas de mettre la clé sous la porte, mais forte du bilan accompli, de se porter au chevet des pays arabes.

Dans l’enthousiasme, elle envisageait de débloquer une tranche de crédits de 2,5 milliards d’euros par an pour favoriser la croissance en Afrique du nord. Si quelques mois plus tard, aucune décision n’est venue remettre en cause ces promesses, il semble que l’institution financière a aujourd’hui d’autres chats à fouetter…

Nous sommes un peu plus pessimistes qu’il y a quelques mois. Nous voyons les premiers impacts de la crise de la zone Euro dans les pays de l’Est et du Sud-Est européen,

explique Erik Berglof, le chef économiste de l’institution financière lors de la présentation, la semaine dernière, de ses dernières prévisions.

Sur l’ensemble des 29 pays dans lesquels intervient la BERD, la hausse du PIB devrait être de 3,1 % en 2012 contre 4,8 % attendus encore l’été dernier.

Les pays les plus touchés sont ceux qui sont les plus intégrés à la zone euro,

poursuit l’expert, citant en tête la Hongrie et la Slovénie qui devraient entrer en récession.

Les pays des Balkans, bien que moins affectés, devraient connaître une croissance de 1% quand les perspectives restent meilleures dans l’ex-URSS et notamment en Russie, en raison, notamment, des cours élevés du pétrole.

La BERD ou la Chine?

Les pays les plus liés à l’Union européenne craignent, notamment, une baisse de leurs exportations. Dans l’ex-Yougoslavie, la quasi-faillite de la Grèce et la détérioration de la situation en Italie, les deux principaux partenaires économiques, n’en finit pas de faire des ravages. Au point où le président serbe, Boris Tadic, affirme être à la recherche d'"alternatives", en lançant un appel à la Chine, au Brésil et au Japon pour accroître les liens économiques.

Les pays de l’Est qui dépendent fortement des banques européennes occidentales, cherchent également de nouveaux investisseurs auprès des pays émergeants. Non sans raisons: au troisième trimestre de 2011, et pour la première fois depuis 2009, la BERD observe une fuite des capitaux investis en Europe de l'Est.

"Le principal challenge est de maintenir l’accès au crédit", souligne Erik Berglof. La BERD craint, en effet, que les grandes banques européennes, omniprésentes dans la zone, ne donnent un nouveau tour de vis…

Situation "critique"

Le FMI est, quant à lui, plus pessimiste encore, jugeant la situation "critique" en Roumanie, en Albanie ou en Bosnie. Du coup, la BERD est en train de mettre les bouchées doubles pour jouer les pompiers en cas de besoin.

Réunis à Vienne, il y a quelques jours, les institutions financières (FMI, Banque mondiale, Commission européenne) ont réaffirmé qu’elles étaient prêtes à intervenir, réactivant les mécanismes mis en place en 2008.

Une prochaine réunion devrait bientôt être organisée avec, cette fois-ci, des banques privées afin de coordonner les actions des différents intervenants dans une situation qui ne manque pas de piquant: les pays de l’Est dont le taux d’endettement de dépasse pas les 45 % du PIB en moyenne (à l’exception de la Hongrie) sont les premières victimes d’une crise due à des Etats trop dispendieux…




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