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Roumanie : l’austérité fait tomber le gouvernement

lundi, 6 février, 2012 - 10:34

Mis sous pression par plusieurs semaines de manifestations contre l’austérité, le Premier ministre Emil Boc a démissionné lundi 6 février. L’opposition exige des élections anticipées.

L’austérité lui aura coûté sa place. Le Premier ministre roumain a annoncé ce lundi matin sa démission pour, s’est-il justifié, tranquilliser le pays en proie à un climat politique et social délétère. Emil Boc, en poste depuis fin 2008, prend donc la porte, emportant avec lui son gouvernement de centre-droit.

Obtenir le prêt du FMI

Le Premier ministre du PDL (Parti démocrate-libéral) n’a pas résisté à la fronde sociale, après trois semaines de manifestations contre la rigueur, et un mouvement des Indignés très mobilisé. Car Emil Boc, 45 ans, était devenu l’un des très bons élèves de l’austérité en Europe: coupes de 25% dans les salaires de la fonction publique, gel des retraites, départ de 200.000 fonctionnaires, ou encore hausse de la TVA de 5 points (de 19 à 24%) …

Je remercie les Roumains pour avoir sauvé la Roumanie d’une faillite économique. Nous avons mis de l’ordre dans les finances du pays,

a déclaré le Premier ministre au moment de quitter son poste.

Un régime particulièrement sévère dans un pays considéré comme le deuxième plus pauvre d’Europe, mais qui devait permettre au gouvernement d’obtenir le prêt de 20 milliards d’euros promis par le FMI pour le sauvetage de la Roumanie. Hier, l’UE et le FMI ont d’ailleurs tenu à saluer conjointement le bilan positif du gouvernement. Mais aujourd’hui, Emil Boc est parti, pris au piège des exigences des bailleurs de fonds.

Vers un gouvernement de technocrates ?

"C’est le moment de prendre des décisions politiques importantes", a-t-il déclaré. Les observateurs estiment cependant que le Président Traian Basescu, extrêmement impopulaire lui-aussi, pourrait faire l’inverse : nommer un gouvernement de technocrates, en attendant les élections législatives, prévues pour novembre. Hors de question, répond l’opposition (socialistes et libéraux), qui a réclamé des élections anticipées.

"Nous n’allons pas accepter un premier ministre proposé par le président Basescu, a annoncé Crin Antonescu, président du Parti libéral. Nous n’accepterons qu’une seule solution: les élections anticipées. La démission du gouvernement est la victoire de tous ceux qui ont protesté pour demander un changement."




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