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Amiante: 16 ans de prison pour les accusés du procès Eternit

lundi, 13 février, 2012 - 12:54

Les deux anciens patrons de l’entreprise productrice d’amiante ont été condamnés pour la mort de leurs anciens salariés. Le verdict de ce premièr procès au pénal pourrait créer un précédent dans d'autres pays.

Le verdict était attendu. Le tribunal de Turin (Italie) a condamné ce matin à 16 ans de prison l’ex-propriétaire du groupe suisse Eternit, Stephan Schmidheiny. Même peine pour un administrateur de la filiale italienne du groupe, le baron belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marchienne. Ils étaient accusés d'avoir provoqué "une catastrophe sanitaire et environnementale permanente" et enfreint la sécurité au travail.

Les deux accusés de ce retentissant procès de l’amiante ont été jugés coupables de la mort d’environ 3.000 personnes en Italie. Ces victimes d’amiante sont d’anciens ouvriers ou habitants proches des quatre sites italiens de la firme Eternit.

Les deux hommes ont aussi été condamnés à verser plusieurs dizaines de millions d'euros aux diverses parties civiles. Au total, 6.000 personnes, en majorité des victimes ou des proches de victimes décédées, réclamaient un dédommagement pour le drame de l'amiante.

Des peines de prison pour les futures victimes

Le parquet avait requis 20 ans de prison: une peine de 12 ans augmentée de 8 ans par le procureur, en prévision des futures victimes, qui s’annoncent déjà nombreuses. L’amiante est en effet responsable principalement de l'asbestose et du cancer du poumon, pathologies mortelles qui se déclarent entre 15 à 20 ans et 30 à 40 ans après la première exposition.

Aucun des deux inculpés n’a jugé nécessaire d’assister au procès, visiblement convaincus de n’avoir rien à se reprocher dans cette affaire. Pour preuve, le site personnel de Stephan Schmidheiny, dans lequel il explique avoir toujours voulu protéger ses employés des effets nocifs de l’amiante et où il rejette la faute sur les gouvernements et le monde industriel.

Des preuves accablantes

Lors du procès, qui s'est ouvert en décembre 2009, le procureur de la République Sara Panelli a pourtant lu deux passages édifiants tirés d’un manuel de 1976, date du début de la gestion d’Eternit Italie par le groupe Suisse. Le document, destiné aux dirigeants, devait leur permettre de se défendre des attaques des "extrémistes" environnementalistes qui criaient, déjà, au scandale.

Nous reconnaissons que l’amiante peut représenter un sérieux danger pour la santé de l’homme si elle est traitée de façon incorrecte.

Ou encore:

Nous nous rendons compte que ce risque potentiel pour la santé est utilisé par beaucoup comme motif pour discréditer l’amiante de manière exagérée. Du moment que cette diffamation peut mettre à mal l’existence de notre industrie nous devons réagir de manière décisive et nous devons la combattre par tous les moyens.


Plus d’informations à venir sur ce sujet, de notre correspondante.




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