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Fraude fiscale: les riches Italiens tremblent et cachent leurs Ferrari

dimanche, 19 février, 2012 - 11:15

Depuis que Mario Monti a ouvert la chasse à la fraude fiscale, les Italiens tremblent. Les inspecteurs du fisc traquent tous les signes extérieurs de richesse. Adieu bolides rouges, 4X4 de luxe et berlines germaniques.

Après avoir organisé une répétition générale en décembre dernier à Cortina, l’une des stations de ski les plus huppées d'Italie, les agents très spéciaux du fisc ont mis le cap sur Milan. Puis sur Naples vendredi dernier. Comme en décembre dernier, ces "007" ont profité de la période de Carnaval pour se déguiser afin de mieux débusquer les fraudeurs, n’ont pas perdu leur temps.

Le nombre de clients en augmentation de 985% !

Du moins dans les banlieues où certains négociants n’avaient jamais acheté de caisse enregistreuse. Le fait est qu’avant le gouvernement Monti, cet objet ne leur servait pratiquement à rien, le ticket de caisse ne faisant pas partie des coutumes locales.

Dans le centre, en revanche, quelques propriétaires de magasin ayant été averti de l’arrivée de la brigade financière, avaient fait passer le message: limitez les paiements en liquide et notez scrupuleusement toutes vos transactions. Du coup, le nombre de reçus remis aux clients a augmenté de 985% en une seule journée!

Depuis que Mario Monti a pris les commandes de l’Italie, le fisc est devenu pire que Dracula !"

s’énerve Claudio. Comme la plupart de ses compatriotes, ce restaurateur du centre de Rome tremble à chaque fois qu’un client rentre dans son bistrot.

Imaginez ce qu’il se passerait si un type oubliait son adition sur le comptoir alors que les flics l’attendent à la sortie ? Comment pourrais-je expliquer qu’il s’agit d’une erreur ? On ne me croira jamais ! "

se plaint ce quinquagénaire aux cheveux gominés. Mais Claudio a la mémoire courte. Du temps de Berlusconi, ses serveurs "oubliaient" trois fois sur cinq, de donner un reçu, comme nous l'avions constaté à maintes reprises.

A coté de la basilique de Sainte Marie Majeure, un pakistanais a une échoppe de fruits et légumes. Comme la plupart des Italiens, il n’utilise quasiment jamais sa caisse enregistreuse. Mais depuis hier, on ne peut plus lui acheter un kilo d'orange sans qu'il se précipite sur sa caisse.

Interrogé sur ce soudain engouement pour les tickets, il chante, lui aussi, la complainte du petit contribuable écrasé par les taxes: "Le gouvernement trouve qu’on ne paye suffisamment pas d’impôt comme cela, il veut nous sucer le peu de sang qu’il nous reste dans les veines".

Porsche Cayenne sous bâche

La multiplication des contrôles fiscaux de l’autre coté des Alpes donne aussi lieu à des scènes nettement plus cocasses.

Un type a garé une Porsche toute neuve tout au fond du garage privé situé en dessous de chez-moi. Il a demandé au gardien de la recouvrir d’une bâche et lui a donné un appareil pour recharger régulièrement la batterie. Il a payé 10 mois cash. Le gardien lui a demandé quant il aurait récupéré sa voiture. Le type a répondu : quand le gouvernement Monti sera parti !"

raconte Mario Vimercati.

D’autres sont plus prudents et préfèrent troquer leur voiture de luxe contre un véhicule moins ostentatoire. La semaine dernière à Milan, un concessionnaire spécialisé dans les grosses berlines allemandes a récupéré une trentaine de voitures toutes neuves.

Depuis décembre une trentaine de propriétaires se sont présentés chez nous pour nous demander de reprendre leurs voitures car ils craignaient de subir des contrôles approfondis de la part du fisc"

explique le vendeur.

Interrogé par le Corriere della Sera, le commandant de la police financière Domenico Minervini, affirme que le fisc fait désormais vraiment peur: "Ils commencent à éliminer toutes les traces laissant penser que ce sont de gros contribuables potentiels alors qu'ils ont probablement déclaré des revenus élevés".

Alors que faire pour éviter de tomber entre les griffes du fisc?

C’est simple, je roule avec ma déclaration d’impôt en poche comme cela je peux prouver que je peux me permettre ma Lamborghini"

explique un riche automobiliste au quotidien milanais.

Et ceux qui n'ont pas ce précieux sésame fiscal préfèrent prendre des taxis. Les bolides rouges se font rares ces derniers temps dans les rues des grandes métropoles de la péninsule. En attendant que l'Italie retrouve son Triple A? Ce qui n'est pas pour demain. 




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