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Merkel accepte un président de consensus

Michael Sohn/AP/SIPA

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20.02.2012 | 11:22

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Joachim Gauck sera le nouveau président allemand. Le gouvernement et l'opposition se sont finalement accordés dimanche soir sur cet ancien opposant au régime Est-allemand. Il succéde à Christian Wulff, impliqué dans un scandale financier. Angela Merkel évite avec habileté une crise institutionnelle.

"C'est un jour très spécial pour moi". C'est sur ces mots que Joachim Gauck a accueilli la décision de la coalition au pouvoir, formée par le parti conservateur CDU-CSU et le parti libéral FDP, et de l'opposition, représentée par le parti social-démocrate SPD et les Verts, de le nommer président de l'Allemagne.

Fantôme du passé

À 72 ans, il est reconnu pour son rôle actif dans la dissolution et l'accès aux archives de l'ancienne police politique est-allemande, la Stasi. Figure morale en Allemagne, il bénéfice du soutien de la population. Selon un sondage de l'édition dominicale du Bild, quotidien le plus lu outre-Rhin, 54% des interrogés souhaitaient le voir remplacer Christian Wulff.

Cependant, c'est surtout son indépendance partisane qui a joué en sa faveur. Si sa candidature a initialement été proposée par le SPD, elle a suscité le ralliement des Verts, et, plus surprenant, celui des libéraux du FDP.

Pour la CDU-CSU au pouvoir, Joachim Gauck est un fantôme du passé. Candidat aux élections présidentielles en juin 2010 et en position de favori, il avait été écarté au profit de Christian Wulff, porté à bras le corps par Angela Merkel. La démission forcée de son poulain l'a contrainte à choisir un "candidat de consensus", comme elle l'a expliqué devant la presse vendredi dernier.

Union nationale

La Chancelière allemande avait convié l'opposition à se joindre au choix du candidat à proposer pour les élections présidentielles qui devront se tenir d'ici le 18 mars. Habituellement choisi pour renforcer la politique de la chancellerie, le nouveau président fédéral ne devrait donc plus agir selon les intérêts de la coalition noire-jaune soutenant Angela Merkel (en référence aux couleurs emblématiques du CDU-CSU et du FDP), mais devait être le fruit d'un compromis droite-gauche. Une première dans l'histoire institutionnelle allemande.

Fragilisée par l'affaire Wulff, et donc dans sa capacité à nommer un successeur, Angela Merkel voulait éviter d'affronter l'opposition de  l'Assemblée fédérale, composée des 621 députés du Bundestag et du même nombre de représentants des Länder, chargée d'élire le nouveau président.

La formation ponctuelle d'une "très grande coalition" avec le SPD et les Verts lui permet ainsi d'assurer la victoire de Joachim Gauck sans coup férir. Lors des débats, l'opposition avait clairement marqué son attachement à un candidat "au dessus des partis" (Überparteilichkeit), en réponse à la volonté "d'union nationale" de la Chancelière.

Merkel "chancelière-présidente"

Si la démission de Christian Wulff est venue perturber l'agenda d'Angela Merkel, avec, notamment, l'annulation d'un déplacement en Italie, elle a eu peu de répercussions immédiates sur la forte popularité dont bénéficie la Chancelière auprès des Allemands. Son soutien précédent de Christian Wulff à la présidence a été unanimement reconnu comme une "erreur", mais pas au point de remettre en cause sa réputation, portée par la grâce depuis sa gestion de la crise européenne. La rédactrice en chef du Tageszeitung l'a même qualifiée de "chancelière-présidente" (Kanzlerpräsidentin) pour souligner sa maitrise du problème institutionnel.

Plus que la Chancelière, c'est davantage la fonction qui s'est retrouvée affaiblie. La démission de Christian Wulff n'est pas sans rappeler celle de son prédécesseur, Horst Köhler, qui avait dû quitter son poste suite à des prises de positions sur la présence allemande en Afghanistan dans la presse.

La nomination de Joachim Gauck est plus ambigue. Même si le président fédéral détient avant tout un rôle honorifique, cette dimension "arc-en-ciel" (noire, jaune, rouge pour le SPD et vert pour les écologistes) du prochain titulaire est une nouvelle donne pour la Chancelière.



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