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Quand une copie de la Joconde fait pâlir l’original

lundi, 20 février, 2012 - 15:49

Le musée espagnol du Prado a découvert une sœur jumelle de la Joconde. La restauration complète de cette copie d'époque montre une Mona Lisa plus pimpante que l'originale. Alors que les deux toiles feront mur commun au Louvre le mois prochain, la question d'une cure de jouvence pour le tableau de Léonard de Vinci est de nouveau posée.

Repéré sur El Pais

Elle a la même coquetterie mystérieuse dans le regard (strabisme, disent les indélicats), la peau plus claire, le visage un tantinet moins potelé que sa grande sœur, mais l’air de famille y est. La "Joconde du Prado" est enfin sortie de l’ombre de son ainée, et agite le monde de l’art.

Le musée de Madrid croyait détenir une banale copie du tableau de Leonard de Vinci, comme il en existe des centaines. Jusqu'à ce qu’il se décide à lui donner une seconde jeunesse. Et à la sortir de ce voile sombre dans lequel elle était plongée depuis cinq siècles. Stupeur : le fond noir, probablement ajouté au XVIIIe siècle pour des raisons esthétiques, cachait un paysage… identique à l’original. Mieux encore, les deux Jocondes ont été peintes à la même époque. La toile est la première copie authentique de la Mona du Louvre, annonce le Prado début février.

L’"operacion limpieza" (opération nettoyage) touche désormais à sa fin. Demain [mardi 21 février], le Musée espagnol livrera le compte rendu de cette divine restauration. Mais, comme sa jumelle, la Joconde du Prado joue avec les nerfs des aficionados de l’art. Elle aussi aime le mystère.

Une Joconde au teint fatigué et aux vêtements défraichis

Les deux sœurs n’ont pas le même père. Ceci est acquis. Leonard est le papa de la première, mais quid de la cadette… Serait-ce Francesco Melzi, un disciple du maitre ? Ou Andrea Salai, amant du maitre florentin ? Le quotidien El Pais inventorie les zones d’ombres que les conservateurs du musée auront bien du mal à éclairer. Et la première d’entre-elles: comment diantre le tableau a-t-il pu s’empoussiérer de si longues années sans qu’aucun conservateur ne songe à le déshabiller.

Pour l’heure, c’est la réunion de famille organisée au Louvre qui fait saliver les historiens. Les Jocondes seront exposées, ensembles, à Paris à partir du 29 mars. Et El Pais de relancer le débat: quid de la restauration de la Mona originale ?

Confrontée à sa jeune et pimpante sœur, son teint fatigué et ses vêtements défraichis sauteront aux yeux du public (voir ici la comparaison animée proposée par El Pais, dont nous reproduisons une partie ci-dessous, sous forme de capture d'écran).

La dernière tentative de raviver la toile originale, à coups de rayons et autres prudents procédés techniques, s’est soldée en 2004 par une "non-restauration", commente le quotidien espagnol, qui évoque la peur panique des conservateurs français au moment de toucher au tableau fétiche du musée.


Info repérée sur le site de El Pais : Historia de las dos ‘Giocondas’





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