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Les ministres italiens trop riches pour imposer l’austérité

mercredi, 22 février, 2012 - 18:26

Mario Monti a voulu jouer la carte de la transparence, en rendant publics ses revenus et ceux de ses ministres. Mais l'importance des sommes déclarées est tellement en contradiction avec sa politique d'austérité que son initiative a un effet boomerang.

Face à l’importance des revenus encaissés et déclarés l’an dernier par quelques ministres du gouvernement de technocrates, les Italiens ont le choix entre rire et pleurer. "Comment Mario Monti, par exemple, peut-il comprendre nos difficultés quotidiennes alors qu’il possède 16 propriétés, trois magasins et un appartement à Bruxelles ?" s’interroge Maria Peluffo. Comme bon nombre de ses compatriotes, cette institutrice n’arrive pas à joindre les deux bouts.

Maria Peluffo a, dit-elle, "sursauté" en prenant connaissance des déclarations d’impôts des membres du gouvernement publiées sur Internet. Une opération voulue par Mario Monti au nom de la transparence, mais qui pourrait avoir un effet boomerang. Il s'agit de leurs revenus avant de devenir ministres fin 2011.

La ministre de la Justice Paola Severino a remporté dans la presse italienne le titre de "Tante Picsou du gouvernement" du fait de l'importance de ses revenus d'avocate : 7 millions d’euros sur lesquels elle payé 4 millions d'impôts en 2011. Elle détient par ailleurs un portefeuille de six millions en bons du trésor et de 2,9 millions en obligations.

Mario Monti préfère la pierre

Sur la deuxième marche du podium, Corrado Passera, ancien banquier et ministre du Développement et des Infrastructures. Ses revenus s'élèvent à 3,5 millions d’euros plus la coquette somme de 8,8 autres millions en actions et en titres éparpillés sur plusieurs comptes. Montant de ses impôts: 1,5 million d'euros.

Médaille de bronze : Piero Gnudi ministre du Tourisme avec 1,7 million d’euros et un patrimoine de 1,17 million toujours sous forme d’actions et d’obligations.

Juste en dessous pour ses revenus, le Premier ministre, Mario Monti. Il a touché 1,01 million d’euros brut. Soit 506.000 euros de moins qu’en 2010. Voilà pour ses salaires. Car l’ancien président du Conseil a aussi quelques petits "à coté", à savoir un patrimoine de 11 millions d’euros réparti en Sicav et en obligations, plus divers biens immobiliers.

Les autres ministres sont loin derrière. Leurs revenus oscillant entre un maximum de 500.000 euros et un minimum de 143.000 euros. Le ministre de l’Intérieur et le vice ministre de l’Economie ont été nettement plus "prudes": ils n’ont rien révélé, si ce n'est leurs émoluments de hauts fonctionnaires: quelque 170.000 euros brut par an.

Les hauts fonctionnaires doivent suivre l'exemple

Ceux qui gagnent honnêtement beaucoup d’argent et payent régulièrement leurs impôts ne commettent aucun péché. On doit les regarder avec bienveillance et non pas avec envie

a déclaré la ministre de la Justice pour désamorcer les critiques. Elle a effectivement payé sans rechigner 4 millions d'impôts.

Soit. Mais comment expliquer cela aux Italiens qui peinent en ces jours de crise ?

Les hauts fonctionnaires devraient divulguer à leur tour leurs déclarations au fisc, comme leur a instamment demandé Mario Monti en début d’année. Ils trainent les pieds mais, sans attendre, le parlement se prépare à voter un amendement pour plafonner leurs salaires.

Une bien mauvaise nouvelle pour le grand patron de l’autorité de régulation des communications, par exemple, dont le salaire actuel (475.000 euros) sera désormais amputé de 181.00 euros. A chacun sa croix.  




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