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Mario Monti met au pas les banques italiennes

jeudi, 1 mars, 2012 - 17:58

Sous la pression d'une opinion publique de plus en plus hostile aux banquiers, le gouvernement italien a décidé d'interdire les commissions pour découverts et de supprimer les frais bancaires pour les retraités. Tollé des banques qui pleurent misère.

Après avoir suscité la colère des chauffeurs de taxi, des pharmaciens et des professions libérales, le gouvernement de Mario Monti vient de se mettre les banques à dos. Un paradoxe alors que l’équipe de l’ancien commissaire européen comprend trois banquiers parmi ses ministres. Mais c’est peut-être pour cette raison que le gouvernement italien a décidé qu’il était temps de mettre un frein à "la soif d’argent des banques" dénoncée par les Italiens.

Gratuité pour les retraités avec moins de 1500 € de pension

De l’autre coté des Alpes, les banques ont, en effet, rayé le mot gratuité de leur vocabulaire. Ici tout se paye malgré les directives européennes qui ont aboli certaines commissions notamment sur les virements effectués au sein de la zone euro. Du coup, le dispositif adopté par le sénat va offrir aux Italiens une bouffée d’oxygène en ces temps de baisse du pouvoir d'achat.

A partir du mois de juin prochain, les banques ne pourront plus appliquer de commissions contractuelles sur les découverts. En Italie, les titulaires d’un compte qui obtiennent une autorisation à découvert doivent payer une commission même si ils n’ont pas été dans le rouge.

L’autre mesure "vexatoire" selon les banques, prévoit la gratuité de toutes les opérations bancaires pour les retraités touchant une pension inférieure à 1500 euros par mois.

Une décision inacceptable pour puissante association des banques italiennes (Abi) dont la présidence a démissionné en bloc.

"Nous ne pouvons pas faire de l'assistance gratuite"

"On ne peut pas obliger les banques à faire de l’assistance gratuite" avait prévenu il y a deux jours, Giuseppe Mussari. Le président de l’Abi avait ajouté que le gouvernement et les parlementaires ferait mieux de s'occuper de redresser les comptes publics, au lieu de vouloir toucher aux revenus des banques.

Le dispositif approuvé par le Sénat obligera également l’association des banques, les entreprises qui gèrent les circuits de paiement par carte et les associations d’entreprises de crédit implantées au niveau national, à mettre en place d’ici le 1er janvier prochain, une charte.

L’objectif de ce document sera de garantir la réduction des commissions interbancaires à charge des commerçants sur les transactions avec carte de crédit.

Du coup, les banques vont devoir dire adieu à une bonne partie de leurs profits. D’autant que depuis deux ans, de plus en plus d’Italiens négocient une autorisation à découvert. Pour calmer la colère des banquiers, le gouvernement a laissé entendre que le décret pourrait être modifié par le parlement. Mais c'est loin d'être fait.

Depuis l’introduction du décret "Sauvons l’Italie" adopté en décembre pour éviter une faillite du pays, les parlementaires et l’exécutif ont été accusés de ne pas vouloir toucher aux banques. Les parlementaires pourront donc difficilement obliger Mario Monti à faire marche arrière. 




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