Connexion

Syndicate content

Angela Merkel, meilleure « alliée » de François Hollande ?

lundi, 5 mars, 2012 - 15:11

Certaines "vestes" peuvent aider à tailler un costume présidentiel… En refusant de rencontrer François Hollande pour éviter de lui donner un coup de pouce dans sa quête élyséenne, Angela Merkel risque de lui offrir sur un plateau quelques points supplémentaires.

Si les informations parues dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel sont vraies, la Chancelière fédérale aurait conclu un accord secret avec le Premier ministre britannique David Cameron et les chefs des gouvernements italiens et espagnols, Mario Monti et Mariano Rajoy, pour ne pas recevoir François Hollande.

Ces leaders conservateurs voudraient ainsi afficher leur colère face à la promesse du candidat socialiste de renégocier le pacte budgétaire européen en cas de victoire lors du scrutin présidentiel.

Pantalonnade

Si Berlin confirme avoir refusé une demande de tête-à-tête proposée par le principal adversaire de Nicolas Sarkozy aux présidentielles, le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert, a nié dans un tweet toute "entente" avec d’autres leaders européens. "J'ai un démenti de la chancellerie allemande, a reconnu Pierre Moscovici, le directeur de campagne du chef du PS sur Radio ClassiquePublic Sénat. Considérons que ce démenti est accepté…" Avant de conclure:

Si François Hollande est élu, il rencontrera Angela Merkel le lendemain de son élection


EN ROUTE VERS LA PRESIDENTIELLE,Invité : Pierre…
par publicsenat

La première secrétaire du parti, Martine Aubry, a, elle aussi, cherché à calmer le jeu en jugeant sur i-télé qu’il "ne faut pas en rajouter". "Pacte" conservateur ou pas, la décision de la Chancelière de tourner ostensiblement le dos au candidat socialiste représente un camouflet historique qui risque de se retourner contre elle.

Le leader du parti chrétien-démocrate (CDU) avait, en effet, fait preuve de plus d’impartialité lors du dernier scrutin en rencontrant tour à tour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en 2007. Cinq ans plus tôt, Gerhard Schröder avait discuté avec Jacques Chirac et Lionel Jospin. Et en 1995, Helmut Kohl avait reçu Edouard Balladur, Jacques Chirac et Lionel Jospin.

Une amie qui vous veut du bien…

En prenant fait et cause pour le président en poste qui dirige, comme elle l’avait résumé le mois dernier, un "parti ami", Angela Merkel risque de se mettre à dos une bonne partie des Français qui n’aiment pas se faire forcer la main surtout lorsque la "maîtresse d’école" est de nationalité allemande. L'Elysée est bien conscient de ce risque.

Le mois dernier, le conseiller spécial du chef de l'Etat, Henri Guaino, avait ainsi exprimé des réserves concernant la présence de la Chancelière à un meeting électoral de Nicolas Sarkozy. Qu'elle intervienne "dans le débat public sur les questions qui concernent l'Europe, les rapports entre la France et l'Allemagne, je trouve ça tout à fait légitime […] Dans la campagne présidentielle elle-même, je suis plus réservé", avait-il résumé au micro d'Europe 1.

Suite au tollé provoqué par le "scoop" du Spiegel, le Nicolas Sarkozy a également tenté de calmer les esprits en jugeant ces informations infondées. "Les dirigeants, vous ne croyez pas qu'ils ont autre chose à faire que de faire des pactes ou des choses comme ça, a expliqué le chef de l’Etat. Je n'ai jamais parlé avec les uns ou les autres de ça."

Un coup de poignard dans le dos

A Berlin, l’information a également soulevé de houleux débats au sein même de la coalition gouvernementale. Le ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a ainsi demandé

à tous les partis politiques allemands de faire preuve de retenue. Les divergences politiques allemandes ne doivent pas être exportées vers la France."

L’ancien leader du parti libéral a rajouté qu’il n’y avait

aucun doute sur le fait que l'Allemagne travaillera très bien avec tout gouvernement choisi par le peuple français."

Berlin "a l'obligation de faire preuve de doigté et de sens des responsabilités, a rappelé le chef de la diplomatie [car] c'est maintenant que se dessine l'image de l'Allemagne en Europe pour les années à venir".

Un "coup de pouce" peut avoir l’effet d'un coup de poignard dans le dos…




Pays