Connexion

Syndicate content

Les Autrichiens sont fatigués des heures sup

mardi, 13 mars, 2012 - 09:20

Alors qu’un tiers des Autrichiens font des heures sup, plus de la moitié d’entre eux sont mécontents de leur situation. Le "travailler plus pour gagner plus" n'a plus la cote dans la paisible et prospère république alpine.

Présentées par le candidat-président Nicolas Sarkozy comme un moyen d’accroître le pouvoir d’achat des salariés, les heures sup ne font pas vraiment recette… en Autriche. Pourtant, les entreprises y ont massivement recours. Selon une étude publiée le 9 mars par la Chambre du travail de la république des Alpes, un organisme qui représente les intérêts des salariés, 32% des Autrichiens travaillent davantage que le nombre d’heures stipulées dans leurs contrats de travail.

Un quart des heures sup pas payées

Ce chiffre, en recul par rapport aux années d’avant la crise de 2008, est toutefois reparti à la hausse en 2011. Ainsi, 14% des Autrichiens passent entre 40 et 44 heures dans leur entreprise quand 10 % supplémentaires sont sur le pont au-delà de 45 heures hebdomadaires. Principaux secteurs concernés: le bâtiment, les transports, les professions médicales, la police et, plus globalement, les managers.

Mais si la rétribution de ces heures sup est majorée en moyenne de 50%, la motivation pécuniaire ne suffit plus. Les personnes concernées sont ainsi 18% à souhaiter réduire leur temps de travail quitte à gagner moins, et plus d'un tiers des salariés veulent que la durée inscrite dans leur contrat de travail soit conforme à la réalité. Pas plus pas moins. Ceci d'autant qu'un quart des heures sup ne sont, en fait, pas rémunérées. Ce sont ces heures passées à terminer un travail en cours sans que personne ne s'inquiète de l'horloge et de comptabiliser le temps supplémentaire.

A l'inverse, seulement 15% des Autrichiens aimeraient travailler plus, dans un pays où nombre d’employés, notamment dans les services aux entreprises ou aux personnes, sont embauchés à temps partiel.

Suppression des heures sup?

Résultat: moins de la moitié des Autrichiens sont satisfaits de leur situation. Un mécontentement largement relayé par le président de la Chambre autrichienne du travail, Johann Kalliauer, qui se bat pour la suppression pure et simple des heures sup.

Elles ne font que renforcer le nombre de chômeurs et pèsent sur la santé des salariés. Au lieu de recourir aux heures sup qui sont généralement coûteuses, les entreprises feraient mieux de recruter. Nous n’avons pas besoin de travailler plus mais plutôt de réduire la durée du travail"

a-t-il souligné, lors de la présentation de cette étude, mettant exergue la situation des chauffeurs routiers qui passent 44 heures par semaine derrière leur volant.

La détérioration des conditions de travail explique d’ailleurs le pessimisme des Autrichiens quant à leur capacité à rester dans le monde du travail jusqu’à l’âge de leur retraite. Et 48 % des salariés d'évoquer l’augmentation de la pression qui les oblige à travailler toujours plus vite et plus longtemps au nom de la compétitivité, les souffrances psychiques mais aussi physiques comme les risques d’accidents de travail.

"Alors qu’en 2009, 47 % des salariés âgés de 46 ans estimaient ne pas pouvoir rester en poste jusqu’à 60/65 ans, ce taux est passé à 55%", conclut l’étude. Rien ne sert de courir, il faut partir à point, veulent se rappeler Autrichiens. La fable de heures sup a fait son temps.




Pays