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Présidentielles: un « pacte numérique » pour les candidats

lundi, 19 mars, 2012 - 15:56

Un collectif d'entrepreneurs, chercheurs et citoyens, propose aux candidats à l’élection présidentielle de signer un "Pacte Numérique" pour que la France rattrappe son retard dans ce secteur. A la clé, des milliers d'emplois et un gain important de croissance. Myeurop soutient et publie cet appel.

En proposant un Pacte Numérique aux candidats à l’élection présidentielle, nous (*) – entrepreneurs, chercheurs, citoyens actifs, voulons porter un message teinté à la fois d’urgence et d’opportunités. L’urgence vient du constat que le débat public considère trop peu l'innovation comme un atout pour notre pays.

Les opportunités sont celles qu'offre le numérique, qui deviendra le moteur puissant d'une société plus créative, plus responsable, plus inclusive.

Evitons le creusement de la dette numérique !

Aujourd’hui, la principale dette que nous pourrions contracter envers les générations futures, ce serait de ne pas comprendre, de ne pas accompagner et de ne pas stimuler les extraordinaires ressources dont recèle le numérique. C’est la création d’une valeur ajoutée sociale, économique, culturelle, éducative immense dont nous risquons de nous priver.

En effet, depuis dix ans, tous les domaines de la vie civile, économique et institutionnelle, sont profondément impactés par le numérique—ils continueront de l’être dans les années qui viennent. Chaque Française et chaque Français le constate également dans sa vie de tous les jours : le numérique est au cœur de la société.

Trouver un numéro de téléphone, regarder un plan, acheter ou vendre un objet d’occasion, rechercher un emploi ou un logement, contacter nos amis… Autant d’opérations qu’il semble aujourd’hui naturel de faire en ligne pour les 42 millions d’internautes français.

La démocratisation de l'accès au savoir, mais aussi la libération de la parole publique sur les blogs et les réseaux sociaux, la co-création et l’intelligence collective laissent entrevoir une nouvelle culture aux gains de productivité remarquables. C’est la création de nouveaux métiers et de nouveaux secteurs économiques entiers qui nous est offerte ! Ainsi le numérique porte en lui une valeur ajoutée fondamentale, à la fois économique et humaine. Ne pas la saisir revient à alourdir considérablement la dette que notre pays laisse aux générations futures.

Internet, c'est 3,2% du PIB français et le double en Suède

Le chômage, le déficit commercial et la dette publique enregistrent des niveaux record. Sans surprise, le moral des Français est à son plus bas niveau depuis plusieurs années.

Pourtant, il existe un secteur qui contribue au quart de la croissance économique, qui a créé 700 000 emplois depuis 15 ans et qui va en créer 450 000 de plus d’ici 2015. Ce secteur, c’est le numérique.

Pas un aspect la vie économique de notre pays ne résiste à la révolution numérique… et nous avons besoin de ce dynamisme ! En France, le seul secteur qui affiche une croissance à deux chiffres, c’est le e-commerce, avec plus de 30 milliards d’euros. Une véritable entreprise numérique voit ses revenus à l’export augmenter deux fois plus vite qu’une entreprise qui n’investit pas dans Internet. Parfois, il ne suffit de rien de plus que d’un ordinateur, une connexion au réseau et une idée brillante pour créer une petite entreprise. Ce sont ces initiatives qui désenclavent nos territoires et relancent l’ascenseur social.

Internet représente 3,2% du PIB français (c’est plus, en valeur ajoutée, que l’agriculture, l’énergie ou les transports), mais malgré ce signe encourageant, la France est encore trop timide : ce chiffre s’élève à 5,4% au Royaume-Uni, et en Suède, il est deux fois supérieur à celui de la France!

Comment expliquer qu’aucune entreprise française ne figure parmi les cinquante plus innovantes au monde (BusinessWeek/BCG, 2010). Notre économie vieillissante, assise sur une base industrielle datée, fait pâle figure dans tous les classements internationaux de l’innovation (Digital Economy Ranking—20ème, Business Week—20ème et World Economic Forum—20ème). La part des technologies de l’information dans la valeur ajoutée n’est en France que de 7.8%, c’est-à-dire au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, alors que les États-Unis atteignent 9% et la Finlande près de 14%.

Internet pourrait être remis en question par ACTA

Force est de constater que le numérique occupe une place bien plus grande dans notre vie et notre économie que dans le programme de nos candidats. Est-ce donc une question réglée ? C’est tout le contraire : ce que nous connaissons d’Internet pourrait entièrement être remis en question par des traités internationaux comme ACTA. N’est-il pas légitime de connaître la position de nos futurs élus sur le numérique, qui montre tous les jours son pouvoir de changer nos vies ?

La France dispose de tous les atouts pour conduire la révolution numérique, à commencer par une tradition d’excellence mathématique et universitaire, ainsi que la force du marché intérieur européen. Mobiliserons-nous ces atouts pour participer pleinement au monde numérique qui se construit autour de nous ? Nous ne pouvons plus reculer. Par chance, ce moment décisif coïncide avec le point culminant du débat politique national.

C’est pourquoi nous demandons chaque candidat à l’élection présidentielle de signer le Pacte Numérique que nous leur proposons et, une fois élu, de soutenir l’organisation d’e-Tats Généraux du Numérique selon les principes d’une gouvernance ouverte, rassemblant l'ensemble des acteurs économiques, éducatifs, culturels et citoyens (qu’ils soient issus du secteur public, associatif ou privé).

Par la signature du Pacte Numérique, chaque candidat considère aussi le numérique comme un enjeu sociétal et donc national, et reconnaît sa capacité à transformer la société comme les modèles économiques, à libérer les potentiels individuels et collectifs, et à construire une compétitivité durable pour la France et pour l’Europe.


(*) Les membres du collectif sont:
Selim Allili, (OFTT), Bernard Barthalay (Puissance Europe), Mehdi Benchoufi, (Club Jade), Laurent Bloch, (DSI Université Paris Dauphine), Jérôme Cukier (Data-expert en numérique), Christian Delom (Club Jade), Claire Gallon, Pierre Guillou (Ideose & Elus 2.0), Jean-Baptiste Ingold (Consultant en media sociaux), Alban Martin (Social Media Club), Jean-Baptiste Soufron (Entrepreneur et journaliste), Benoît Thieulin (La Netscouade), Nicolas Vanbremeersh (Spintank), Josiane Versini (Exvisu)


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