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Dante condamné à l’enfer pour antisémitisme et islamophobie

mercredi, 21 mars, 2012 - 14:10

Dante était antisémite, islamophobe, et homophobe et sa Divine comédie doit être retirée des manuels scolaires! Telle est la condamnation sans appel d'une influente association italienne pour qui l'Enfer est politiquement incorrect.

Une influente association italienne, réunissant chercheurs et universitaires, accuse Dante d’être antisémite, homophobe et islamophobe. L'affaire prêterait à rire si cette association, "Gherush92", n'avait pas le statut de consultant auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies et ne demandait pas le retrait de la Divine Comédie des programmes scolaires.

"Ce texte pilier de la littérature italienne est offensif et discriminatoire au niveau du lexique et de la forme", explique Valentina Sereni présidente de cette association qui s’occupe des droits de l’Homme, de la résolution des conflits et de projets éducatifs pour le développement. Elle ajoute que

La Divine Comédie pousse les élèves à apprécier une œuvre qui calomnie le peuple juif et leur apprend à valider un message antisémite véhiculé par ailleurs par la religion catholique dans les messes, les homélies, les sermons et les prédications".

Pour cette association, les étudiants, privés d’un contexte historico-religieux, sont incapables de prendre du recul? Ceci d’autant plus, ajoute la présidente de l’association, "qu’ils vivent dans une société qui les nourrit à l’image et l’instantanéité". Les étudiants apprécieront ce jugement péremptoire sur leur niveau de connaissances.

"Offense évidente au prophète"

Pour qualifier le poète d’antisémite, les universitaires s’appuient notamment sur le chant dans lequel Dante punit les grands prêtres qui auraient comploté contre le Christ en décrivant les peines subites d’une façon qui laisserait entendre que les Juifs étaient coupables. Et méritaient leurs peines. Et pour justifier l’accusation d’islamophobie, l’association épluche le Chant XXVIII dans lequel le prophète Mahomet est représenté comme un dissident et l’Islam une hérésie.

L’offense faite au prophète est évidente lorsque le corps de Mahomet, rompu après avoir été soumis à un châtiment terrible, est comparé à une cuve cassée, un objet qui contient du vin, une boisson interdite par la tradition islamique"

estiment les chercheurs.

Autres faute attribuée au poète : l’homophobie. Les homosexuels appelés les "sodomites" par Dante, sont mis à l’index dans la Divine Comédie.

Nous ne soutenons pas le principe de la censure et nous demandons pas à ce que des buchers soient dressés pour y jeter la Divine Comédie mais il faudrait reconnaitre d’une façon ou d’une autre, que ce live tient des propos et diffuse des messages racistes, antisémites et islamophobes."

précise Valentina Sereni.

Soit. Reste à souhaiter que le critère de lecture ou plutôt d’analyse proposé par "Gherush92" ne soit pas appliqué à l’ensemble de la littérature. Se pourrait-il dans ce cas que Jonathan Littell, l’auteur encensé par la critique et le public pour son pavé sur la Shoah "Les Bienveillantes" soit accusé d’antisémitisme ? Que les œuvres de Shakespeare à commencer par "Le marchand de Venise" pour son portrait du Juif et usurier Shylock, soit, elles aussi, condamnées à un autodafé ?

Il est vrai que le politiquement correct a déjà conduit l'Europe à écarter Leonard de Vinci pour son homosexualité ou Mozart car il était Franc-Maçon, des effigies envisagées pour les billets en euros, comme le rappelle le quotidien milanais Il Corriere della Sera. A la fin, ironise le journal, les responsables européens choisirent un pont anonyme parce que rien ne peut leur être reproché.

A quand des livres aux pages blanches ?




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