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Les ‘Femmes s’en mêlent’ et ne perdent pas le Nord

jeudi, 22 mars, 2012 - 09:48

Le festival Les femmes s’en mêlent convoque la scène féminine indépendante du 20 mars au 1er avril, pour une série de concerts dans 30 villes en France. L'occasion de découvrir une génération foisonnante d'artistes, et de se frotter aux ébouriffants talents venus nombreux du Nord de l'Europe.

Chaque année depuis 15 ans, le rendez-vous réchauffe les salles et les oreilles encore engourdies par l’hiver. En 2012, Les femmes s’en mêlent garde le cap et affirme son envergure: 50 concerts sur 2 semaines, 20 artistes, et plus de 30 villes en France.

Jusqu'au 1er avril

Hirondelle du printemps musical, le festival reste pourtant un poids plume au regard des machines festivalières d’été. A défaut de têtes d’affiche, un crédo, faire monter les décibels de la scène musicale indépendante. Rock, électro, pop, chanson, ce défricheur insatiable célèbre le talent au féminin.

Depuis ses débuts en 1997, avec une soirée parisienne unique, l’initiative a fait du chemin. Selon les éditions, Les femmes s’en mêlent a même essaimé jusqu’à Berlin, Madrid, Londres ou Bruxelles. Et si les finances sont précaires et le parcours pas toujours linéaire (annulation, l’an dernier, de la venue d’invitées Mexicaines), l’enthousiasme reste intact: "La créativité musicale actuelle est impressionnante", jubile Stéphane Amiel, directeur et programmateur du festival itinérant.

Notre raison d’être: mettre en avant des artistes peu connues…ça n’a rien d’un ghetto de filles!"

Electro glam de la française Christine and The Queens, mix new-yorkais explosif rock et classique de My Brightest Diamond, pop délicate de l’allemande Dillon, les groupes et chanteuses sillonnent Paris (le Point éphémère, l’Alhambra, la Machine), Bordeaux (Le Rocher de Palmer, Le Saint Ex) ou encore Ajaccio, Strasbourg et Lille, jusqu’au 1er avril.

Le modèle scandinave, en musique aussi?

Cette année encore, l’Europe du Nord se taille la part du lion dans la programmation. A Paris, ce 20 mars, c’est la scandinave Britta Persson qui a donné le coup d’envoi des festivités. L’Institut Suédois était bondé. Look androgyne, coupe au bol et bouille de gamine malicieuse, la jeune femme a distillé ses titres avec gourmandise (chansons de rupture "Annoyed To Death", interrogations sur le futur "Meat a bear"…).

Sa pop accrocheuse, servie par une batterie tonique, a su séduire un auditoire attentif pourtant pas gagné d’avance. De quoi ouvrir la voie à ses compatriotes Masquer, Lissi Dancefloor Disaster ou encore Thus:Owls, invitées du festival.

La recette de ce vivier nordique? Pour Stéphane Amiel,

Il existe en Scandinavie une culture musicale très forte, ancrée dans l’éducation, avec notamment une tradition de chorale répandue. On constate un réel savoir-faire et un niveau d’excellence artistique et technique impressionnant. Et puis le modèle d’égalité homme-femme scandinave, plus marqué que dans les pays latins, favorise l’essor d’une scène féminine."

Une scène plurielle

La preuve par le live. A Saint-Lo, c’est Mirel Wagner, parmi d’autres, qui a donné le concert d’ouverture. La jeune Finlandaise, volcan dark, a fait irruption sur la scène folk en décembre dernier, avec un premier album éponyme inspiré, à la mélancolie exacerbée. Et le programmateur de confier, comblé:

Je suis impressionnée par son talent. Elle a une voix incroyable, sombre et habitée. C’est efficace et beau : il n’y a qu’à s’incliner!"

Les sessions de rattrapage sont multiples. On pourra entendre la diva gothique à Rennes, Lyon, Bordeaux ou Paris. En provenance des mêmes latitudes mais dans un tout autre registre, le duo d’Upasalla Lissi Dancefloor Disaster invite à une fête permanente avec sa pop fraiche et hédoniste, tandis que la voix puissante de la Suédoise Erika Alexandersson fait prendre son envol au groupe Thus:Owls… Aux Femmes s’en mêlent, la scène scandinave est à l’image du festival: plurielle et précieuse.


Programmation, infos et billeterie: Les Femmes s'en mêlent




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