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Frais de scolarité: les étudiants européens et québécois solidaires

mercredi, 28 mars, 2012 - 10:23

200.000 Québécois ont défilé dans les rues de Montréal le 22 mars pour protester contre l'augmentation de 75 % des frais d'université d'ici à 2017. Mardi, à Bruxelles, des étudiants belges et québécois ont fait de même, par solidarité, mais aussi par peur d'une contagion libérale en Europe. Reportage.

"On veut étudier, pas s'endetter !", scandent les plus motivés des étudiants manifestant mardi à Bruxelles, en signe de solidarité avec le mouvement québécois qui lutte contre l'augmentation de 75 % des frais d'université d'ici à 2017. Dans la petite foule, l'accent francophone a parfois traversé l'Atlantique ; le mélange belgo-québécois est perceptible. Des t-shirts marqués UQAM (Université du Québec à Montréal) sont visibles, mais ce qui frappe, c'est le rouge – la couleur que les Québécois ont choisi en signe de ralliement.

Au milieu des manifestants, Anne-Sophie parle de son pays et de ce premier ministre, Jean Charest, qui veut "faire de l'université une marchandise". Elle regrette de ne pas être au Canada pour lutter avec les autres: "C'est difficile d'être au loin… alors on essaye de participer de notre manière, à l'étranger".

La peur de la contagion libérale en Europe

Avec quelques étudiants québécois, elle a organisé des événements à Paris, à Lyon et à Copenhague. "À Paris, c'était une manifestation devant la délégation du Québec, à Lyon aussi", explique l'étudiante en philosophie. Et de revenir sur le problème outre-Atlantique:

Le problème, c'est le ministre des Finances, Raymond Bachand, qui a annoncé cette hausse des frais de scolarité de 75% sur 5 ans, soit 1.625 dollars de plus à terme. Additionnée aux frais existants, la réforme porte les frais universitaires à 3.800 dollars, soit environ 2.860 euros".

Beaucoup d'étudiants viennent de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve. Johan fait partie de ceux-là et pense que si rien n'est fait pour stopper la réforme au Canada,

le mouvement de libéralisation, déjà bien en marche en Europe, va s'y étendre jusque dans les universités. On le voit déjà avec les cures d'austérité européennes mises en places à cause, soi-disant, de la crise".

Louise, de la Fédération des étudiants francophones, est aussi venue montrer sa solidarité. "La FEF soutient sans réserve le mouvement québécois, raconte celle qui est la trésorière de l'organisation, nous défendons les mêmes objectifs, c'est-à-dire : un enseignement public de qualité et gratuit pour tous".

Le gouvernement devrait plier

En début de manifestation, elle a justifié le petit nombre de manifestants présents: "Nous sommes en période électorale dans les universités. Le vote étudiant est très important pour pouvoir ensuite mener ce genre de lutte". Autrement dit, chacun ses priorités.

Pour éviter une contagion vers l'Europe, il faudrait donc stopper la réforme au Québec. Pourtant, après la manifestation historique de 200.000 personnes à Montréal, le gouvernement de Jean Charest ne recule pas. "Il nous dit qu'il n'a pas les moyens pour conserver les frais de scolarité tels quels mais c'est faux, il met l'argent ailleurs, il fait simplement une croix sur l'éducation", dénonce à nouveau Anne-Sophie.

Et la philosophe d'avoir les arguments pragmatiques pour montrer comment le gouvernement devrait plier: "Le mouvement continue. Si d'ici quatre semaines les étudiants sont encore mobilisés et en grève, le gouvernement n'aura pas le choix, il devra reculer, car il y a une session d'examen. L'annulation de celle-ci coûterait plus cher que l'argent immédiatement récupérable par la réforme. La maintenir ne serait donc pas logique".




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