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L’Eglise, un employeur pas très catholique pour ses sacristains

lundi, 2 avril, 2012 - 13:04

L'Eglise en Italie est un employeur important et pourrait créer de nombreux postes en ces temps de chômage généralisé. Mais, problème, elle affirme être désargentée et ne veut pas augmenter ou signer un contrat de travail à ses sacristains, provoquant une révolte de ses employés.

Le gouvernement de Mario Monti et le Vatican ont un problème commun: l’emploi. Coté République, le gouvernement de technocrates veut convaincre les trois syndicats (CGIl, Cisl, Uil) d’accepter une réforme en profondeur de l’article 18 du code du Travail qui règlemente les licenciements pour relancer la croissance et assouplir l’emploi. Coté Eglise, les sacristains réclament une augmentation et des contrats en bonne et due forme, la plupart d’entre eux étant employés au noir. Et le dialogue est aussi difficile coté Vatican que Palais Chigi.

Les sacristains font le ménage

LOLrs d'une retraite spirituelle, les sacristains ont protesté auprès de leurs représentants "syndicaux" contre leurs conditions d’emploi.

Notre association, la Fiudacs, crée en 1970, compte quelques 850 adhérents. Son objectif est de protéger nos conditions de travail",

a expliqué son président Maurizio Bozzolan.

Chiffres en main, le président de Fiudacs a dressé le constat de la situation des sacristains. Le contrat de travail, renouvelé fin 2011, prévoit une rétribution mensuelle de 1260 euros plus les congés payés et la semaine de quarante heures. Il est stipulé dans son contrat que le sacristain doit, notamment, "contrôler et nettoyer la sacristie".

Avec la crise, nous recevons beaucoup de curriculum vitae. La semaine dernière, par exemple, un camionneur qui venait d’être mis à pied m’a téléphoné pour me demander si un poste s’était libéré",

confie Maurizio Bozzolan.

Il explique que le métier n’est pas chose facile. Il faut fréquenter régulièrement les églises et entendre la messe tous les dimanches – "quelqu’un qui n’a pas été à la messe depuis dix ans n’est pas taillé pour le métier" estime Maurizio Bozzolan- et aussi, faire preuve de "bonne moralité".

Travail au noir en lieux saints

Reste que le contrat de travail n’est pas appliqué à l’ensemble de la profession pour des raisons économiques. Bien qu'étant jusqu'à présent exemptée d’impôts en vertu des accords du Latran signés en 1929 entre Benito Mussolini et le Vatican, l’Eglise n’a pas d’argent, dit-elle, pour rémunérer correctement ses employés.

L’Eglise ne peut donc pas créer de nouveaux emplois réguliers et doit souvent recruter au noir. Elle a aussi souvent recours à des volontaires. Moyennant une enveloppe contenant quelques centaines d’euros pour Noël et de l’argent de poche pour s’offrir une pizza de temps en temps, ils effectuent par amour de Dieu le travail des sacristains.

Il faudrait utiliser une partie des ressources offertes par le contribuable à l’Eglise moyennant une réduction de ses impôts pour organiser des cours de formation, rehausser les salaires et payer les cotisations de tous les sacristains. Cela permettrait aussi de créer rapidement entre 5.000 et 10.000 emplois. Ce serait une façon de participer à la relance des moteurs de l’économie italienne",

estime Maurizio Bozzolan.

Pour dresser un tableau réel de la situation des paroisses, la Fiudacs s’est retournée vers l’association Faci, la confédération des associations du clergé italien, sorte de Medef pour le clergé.  Mais la plupart des paroisses interpellées n’a pas répondu. Du coup, la Fiudacs ne peut pas se retourner contre les paroisses qui refusent de payer les cotisations de leurs sacristains.

Charité bien ordonnée ne commence pas toujours par soi-même.




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