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Marine Le Pen, pour une Europe dans tous ses Etats

lundi, 16 avril, 2012 - 11:06

Pour la candidate du Front National, l’Union Européenne actuelle se construit au détriment des peuples de l’Europe et est largement responsable de la crise économique. Marine Le Pen prévoit une renégociation des traités européens pour réinstaurer la souveraineté nationale.

Dans la campagne de Marine Le Pen, l’Europe fait figure de coupable idéal, mais dans sa vie quotidienne ce n’est pas vraiment une priorité. Interrogée sur ses destinations de prédilection dans une interview vidéo, la candidate frontiste, qui ne parle quasiment pas anglais, concentre sans surprise ses attentions sur la France. Bretagne, Sud-Ouest, bassin minier: nombreuses sont les régions qu’elle affectionne.

Au niveau international, elle mentionne très brièvement l’Espagne et ne s’attarde pas sur d’autres pays européens, citant plutôt la Thaïlande comme l’un des pays qu’elle admire le plus car "c’est un peuple qui a su se protéger: on ne peut pas devenir thaïlandais, jamais, on naît thaïlandais ou on n’est pas thaïlandais".

Marine Le Pen critique farouchement l’idée de double nationalité. Sur le plateau de "Dimanche +" le 30 janvier 2011, Marine Le Pen martelait en parlant d’Eva Joly:

Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu Français à 20 ans, qui, il y a quelques années est partie 3 ans de la France pour aller travailler auprès de son gouvernement de pays d'origine, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature comme président de la République Française."

Remaniement de l’Europe au programme
 

La campagne européenne de Marine Le Pen se base sur une refonte complète des relations de la France avec l’UE. Pour elle, "l’Europe de Bruxelles" se construit contre les peuples européens.

  • L’une des mesures phares de son programme est la sortie de la France de l’euro, qui pour la candidate est responsable de la crise économique que traverse l’Europe. Le retour au franc serait soumis à un référendum et une monnaie commune pourrait être maintenue pour les échanges internationaux.
     
  • Marine Le Pen propose également la création d’un "ministère des Souverainetés" pour coordonner la renégociation des traités européens, qui selon elle menacent la souveraineté des Etats.
     
  • L’objectif principal de la candidate du Front National est de redéfinir les relations intereuropéennes pour "rompre avec la construction européenne dogmatique en total échec" et créer une "association libre" d’Etats souverains. Cette union paneuropéenne respecterait le droit national.
     

Des mesures déjà appliquées en Europe

   

  • La perpétuité réelle et la peine de mort

Après les meurtres de Toulouse et Montauban, Marine Le Pen avait relancé le débat sur les peines maximales en France, rappelant qu’elle souhaite proposer un référendum sur la peine de mort et la perpétuité réelle. La peine de mort étant abolie par l’Union Européenne, son rétablissement en France ne serait possible que suite à la sortie de l’UE.

La réclusion à perpétuité, par contre, est pratiquée au Royaume-Uni, où au moins 48 personnes sont actuellement incarcérées à vie, et aux Pays-Bas, où 30 détenus purgent des peines d'emprisonnement à perpétuité.

  • Le contrôle des frontières

Marine Le Pen s’attaque également à l’un des grands achèvements de la construction européenne: les accords de libre-circulation de Schengen. Elle n’est pas la première à souhaiter rétablir des contrôles aux frontières, précédée en effet par le Danemark et les Pays-Bas.

Comme l’expliquait Myeurop récemment, ces deux pays jouent sur les subtilités de la législation européenne, qui leur interdit un rétablissement classique des frontières mais les autorise à effectuer des contrôles aléatoires.

En insistant sur l’augmentation du crime organisé transfrontalier et de l’immigration illégale ces dernières années, le Danemark et les Pays-Bas ont pu justifier l’introduction d’équipements électroniques de contrôle aux frontières.

Cette tendance au repli national joue en la faveur de la candidate frontiste, qui, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, continue de centrer sa campagne sur les sujets de prédilection du Front National : l’euroscepticisme, la sécurité et l’immigration.




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