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Eva Joly, l’Europe en vert et contre tous

lundi, 16 avril, 2012 - 14:49

La candidate d'Europe-Écologie Les Verts est la plus Européenne de tous les prétendants à la présidentielle. Entre son histoire personnelle et ses propositions, la franco-norvégienne est la seule à mettre l'Europe au centre de son programme.

Eva Joly est sans doute, de tous les candidats à la présidentielle, celle qui vit le plus son euro-citoyenneté. Et cela d’abord grâce à son histoire personnelle. La candidate d’Europe-Écologie les Verts est née en 1942 à Oslo (Norvège) et possède la double-nationalité franco-norvégienne depuis 1967. Elle a ainsi été, pour cette raison, la cible de nombreuses attaques à droite, notamment de la part de Marine Le Pen. L’ancienne juge d'instruction est, de très loin, la plus polyglotte des candidates: elle parle couramment le Français, le Norvégien, l’Anglais, l’Allemand et a des notions de Catalan.

En plus de son attachement à son pays natal, Eva Joly garde un intérêt particulier pour un autre pays septentrional, l’Islande. La député européenne y a passé plusieurs mois en 2010. Reykjavík lui avait demandé son aide lors de la crise bancaire. "Elle avait rendu un rapport de milliers de pages" rappelle l’un de ses conseillers à Myeurop, "L’Islande a refusé l’austérité proposée par le FMI. Et regardez, maintenant l’Islande se porte beaucoup mieux".

Au delà de l'Islande, Eva Joly est surtout une européenne convaincue. Elle est présidente de la commission du Développement au parlement Européen à Bruxelles. Elle est ainsi décrite par son éditeur Laurent Beccaria comme:

Une Européenne convaincue, au sens de l’Europe des régions. Elle rêve d’un espace commun de valeurs qui sont la démocratie athénienne, la Révolution française et l’héritage chrétien au sens large…"

 

L’Europe fédérale d’Eva Joly

En plus d’être une euro-citoyenne accomplie, Eva Joly a mis l’Europe au centre de ses propositions. L'UE est l’un des "cinq piliers" de son programme.

  • Elle propose de refonder l’Union Européenne grâce à l'adoption d’une nouvelle constitution "soumise à un référendum". Eva Joly est la seule à souhaiter clairement une Europe fédérale. Elle propose également "un pacte de développement écologique et social" pour remplacer le pacte de stabilité.
  • Eva Joly veut mutualiser les dettes publiques européennes et offrir aux États la possibilité d’emprunter à la BCE. Son programme prévoit aussi de relancer l'économie par l’écologie sous la direction de l'Union Européenne.
  • Au niveau de l’État, la candidate verte se prononce pour la création un poste de vice-premier ministre, chargé des questions européennes, avec une autorité transversale. Eva Joly explique ainsi vouloir "sortir le domaine européen du domaine réservé du président de la République".

Des propositions venues d’Europe

Nombre des propositions d'Eva Joly s'inspirent de ce qui se fait dans d'autres pays européens. 

  • La sortie du nucléaire d'ici à 2022

La proposition phare de la candidate écologiste concerne le nucléaire, puisqu’elle propose de fermer l’ensemble des centrales françaises d’ici à 2022. La candidate cite souvent en exemple la transition énergétique allemande.

Même si les deux pays ne sont pas totalement comparables (l'Allemagne ne disposant que de 17 réacteurs nucléaires, contre 70 en France), la transition ne se déroule pas sans mal outre-Rhin. Entre la réouverture de centrales au charbon et la perte sèche d’emplois après la fermeture des réacteurs, certains doutent de la capacité de Berlin à accomplir sans heurt la sortie du nucléaire (à lire ici sur Myeurop).

  • Le non-cumul des mandats pour les élus

Eva Joly est, avant tout, connue des Français pour sa lutte contre la corruption en tant que juge. La candidate défend ainsi l’idée d’une République "irréprochable" et promet d’interdire le cumul des mandats.

La France est l’une des plus mauvaises élèves d’Europe sur ces questions. Dans son “autre patrie”, la Norvège, le cumul des fonctions est strictement interdit. A cela s’ajoute une transparence totale quant à l’utilisation de l’argent public et un traitement non privilégié des ministres par l’État. Une rigueur à mille lieues des pratiques françaises.

Son désir d’une Europe fédérale fait d'Éva Joly une candidate unique dans le champ politique français, mais cet engagement la dessert aux yeux de ceux qui ne croient plus en l'Union Européenne. Ce qui est certain, c'est que la candidate verte détonne. Pour le meilleur, comme pour le pire.




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