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Nicolas Sarkozy, Européen par nécessité

mardi, 17 avril, 2012 - 14:43

Nicolas Sarkozy n’avait pas vraiment la fibre européenne. Mais à la tête de l'Etat et face à la crise, il s'est fait le chantre d'une Europe intergouvernementale dirigée par un couple franco-allemand qui ne manque pas d'agacer le reste de l'Europe. 
 

Quand Nicolas Sarkozy regarde vers l'étranger, c'est, du moins au début de son quinquennat, vers les États-Unis. Lors de sa campagne électorale de 2007, même si il s’affiche déjà avec Angela Merkel, il met en avant sa visite à Washington et sa rencontre avec le président de l’époque, Georges W. Bush. La presse magazine le surnomme alors “Sarko l’Américain”.

L’Europe par obligation

Sa connaissance de l’Europe est d'abord institutionnelle. Dés 1992, il se positionne, derrière Jacques Chirac et Edouard Balladur, pour le "oui" au traité de Maastricht. Au sein du RPR, l’ancêtre de l’UMP, il sera tête de liste aux élections européenne de 1999. Elu, il ne siège pas au Parlement de Strasbourg, préférant laisser sa place à Brice Hortefeux. Il choisit alors de se consacrer à ses mandats locaux. Mais son Europe, c'est celle des nations.

Je pense que le cœur de l’Europe, c’est le Conseil des chefs de gouvernements démocratiquement élu”

avait-t-il affirmé le soir des élections européennes.

En 2008, la France prend la présidence de l'Union européenne. Président de la République, il multiplie les rencontres et les interventions sur l’Europe et s'impose comme un acteur majeur de l'Union. La crise économique de 2008 et celle de la zone euro dans la foulée renforcent cependant le poids de l'Allemagne et de sa Chancelière. Il apparait, au fil des multiples sommets "de la dernière chance", comme étant de plus en plus à la remorque d'Angela Merkel, notamment aux yeux des autres partenaires européens de la France qui subissent le diktat du couple franco-allemand. Les tabloïds britanniques ne se privent pas de caricaturer le "caniche" d'Angela.

L’Europe est un sujet secondaire de la campagne du président-candidat. Trois propositions protectionistes ont été mises an avant au fil de la campagne: 

  • Exiger la réciprocité dans les échanges commerciaux entre l’Europe et le reste du monde. Si les négociations n’ont pas abouti d’ici un an, la France réservera ses marchés publics aux seules entreprises européennes, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.
  • Réserver une partie des commandes publiques aux PME européennes, comme le font les Etats-Unis pour leurs propres PME.
  • Exiger de l’Europe un meilleur contrôle de ses frontières. Si dans un an la situation n’est pas réglée, la France rétablira des contrôles ciblés à ses frontières.

L'Allemagne pour modèle

Certaines des mesures prévues par Nicolas Sarkozy ont déjà été mise en place ailleurs en Europe.

  • Équilibre des comptes publics en 2016

La question de l’équilibre budgétaire fait débat en Europe. Le pacte budgétaire imaginé par Merkel et lui même introduisant la "règle d’or" n’a pas encore ratifié. François Hollande, veut le renégocier. Nicolas Sarkozy s'y refuse mais veut désormais "ouvrir le débat" sur le rôle de la BCE, afin qu'elle participe à une stratégie de croissance européenne.

Il n'est pas possible que la BCE ne participe pas à la croissance comme toutes les banques [centrales] du monde. On pourrait parler du Japon avec le Yen, de la Chine avec le Yuan"

a-t-il précisé ce matin sur France Inter. 

  • Obligation d'accepter un emploi pour les chômeurs

Souvent évoquée, cette solution a déjà été testée en Allemagne. La loi Hartz IV de 2005 impose la réduction des indemnités versées aux chômeurs de longue durée qui refuseraient d'accepter des emplois en dessous de leur qualification. Ceci reduisant de fait le nombre de demandeurs d’emplois. Ayant précarisé de nombreuses personnes outre-Rhin, les résultats du “miracle allemand” dans un monde en crise sont, en fait, à relativiser.




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