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Education sexuelle : les Français peuvent mieux faire

lundi, 14 novembre, 2011 - 15:13

En dépit de cours d'éducation sexuelle dispensés tout au long de leur scolarité, les jeunes Français n'ont pas l'air très calés sur les techniques de contraception à leur disposition. Et si les aspects techniques de la sexualité sont abordés à l'école, les questions d'orientation sexuelle et de genre restent plus délicates.

Chronique sur RFI - L'éducation sexuelle by Myeurop

En France, l’éducation à la sexualité fait partie des acquis que les élèves doivent recevoir en termes de compétences sociales et civiques, requises dans le socle commun des connaissances et des compétences. L’éducation sexuelle s’effectue ainsi à tous les niveaux de la scolarité des enfants et adolescents, ce en en lien avec les connaissances acquises à travers les programmes scolaires.

L’âge du premier rapport sexuel est actuellement de 17,2 ans pour les hommes et de 17,6 ans pour les femmes, résultat d’une forte baisse depuis les années 1960 ou il était supérieur de 2 ans pour les hommes et de plus de 3 ans pour les femmes.

Éducation progressive

A l’école primaire, les jeunes élèves doivent recevoir trois heures d’information (environ) à la sexualité par an, dispensées par les enseignants qui l’intègrent comme ils le souhaitent à leur programme.

Au collège et au lycée, c’est le chef d’établissement qui fixe, en début d’année, les modalités d’organisation et la planification de ces séances, qui s’inscrivent dans les enseignements que les élèves doivent recevoir pendant l’année. Ces séances peuvent se faire en partenariat avec des acteurs extérieurs à l’établissement, à savoir notamment des associations spécialisées, étant entendu qu’elles aient reçu au préalable l’assentiment du Ministère de l’Education Nationale.

L’éducation sexuelle à proprement parler se fait quant à elle à l’âge de 13/14 ans, en classe de quatrième, dans les cours de Science de la Vie et de la Terre (SVT). Les élèves étudient à ce moment là le système reproductif (appareil reproducteur, grossesse, méthodes de contraception, …). Mathieu M., professeur de SVT dans un lycée de Haute-Normandie, nous confie :

[Les élèves] aiment bien ces problématiques, tout simplement parce qu’à 16/17ans, ce sont des questions qui les travaillent ! On rencontre parfois un certain nombre de conceptions erronées, sur la contraception ou même le fonctionnement de l’appareil reproducteur, d’où l’intérêt de ces cours. D’autant qu’à ma connaissance, la sexualité n’est pas abordée dans d’autres matières".

Les manuels scolaires ont "mauvais genre"

Depuis la rentrée dernière, une polémique a éclaté avec l’introduction dans les manuels de SVT de classe de Première de la théorie du genre, qui montrent que l'identité sexuelle des individus peut s’expliquer autant par le contexte socioculturel que par leur sexe biologique. 

Cette évolution découle du Bulletin officiel daté du 30 septembre 2010, dans lequel les professeurs sons invités à saisir "l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée". Notre professeur de SVT explique :

Personnellement je pense qu’il est intéressant d’aborder le sujet ; et lors des réunions entre collègues, nous en sommes arrivés à la conclusion que ce point était complexe à aborder, mais utile car c’est un sujet de société. Concernant la théorie du genre, qui alimente la polémique, il faut rappeler qu’elle ne figure pas dans le programme. C’est un éditeur qui a pris l’initiative de la faire figurer dans son manuel. Je n’ai pas d’appréhension particulière à aborder la question de l’identité sexuelle, je pense que ça peut être (super) intéressant. En revanche, je peux comprendre quand dans certains lycées, ce soit plus compliqué, selon l’ouverture d’esprit des élèves".

Quatre-vingts députés UMP, proches de la droite populaire, ont alors demandé officiellement au ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, le retrait de ces manuels qui incitent, selon eux, à « définir les personnes par leurs pratiques sexuelles ». Lequel ministre leur a répondu qu’il "n’exerçait pas un droit de vie et de mort sur un manuel".

Un sujet glissant

La sexualité à l’école est décidément un sujet brûlant pour la droite : déjà en 2010, le court-métrage d’animation destiné aux élèves de primaire, Le Baiser de la Lune, abordant la question de l’homosexualité à travers les amours de deux poissons, avait suscité une polémique qui avait conduit à son retrait.

En mai dernier, la députée Bérengère Poletti (UMP), était l'auteure d’un rapport parlementaire sur la contraception des mineures, dans lequel des recommandations avaient été formulées dans le sens d’une formation des professeurs sur les questions de sexualité ainsi qu’une meilleure coordination entre les différents acteurs, enseignants, professionnels de la santé et associatifs, pour donner une information de qualité aux élèves.

Mme Poletti devait déposer un projet de loi sur le sujet devant le Parlement le 14 novembre avec pour principale mesure de rendre la pillule contraceptive anonyme et gratuite pour les mineures. 




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