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Les entreprises italiennes s’engagent enfin

lundi, 30 avril, 2012 - 17:04

En signant la Charte sur la Parité et l’Egalité dans le travail, cent dix entreprises italiennes employant quelques 600.000 personnes, se sont engagées le 15 décembre dernier à promouvoir la diversité ou la discrimination positive sur leurs lieux de travail.

Parrainée par les ministères de l’Emploi et de l’Egalité, l'initiative présentée aux entreprises italiennes le 5 octobre 2009, prône la diffusion "d’une culture d’entreprise et de politiques des ressources humaines libres de toutes discrimination et de préjudices pour valoriser tous les talents dans le respect de leur diversité.

Le blocage de la loi

Le problème est que les entreprises italiennes vont avoir du mal à appliquer le contrat auquel elles ont souscrit. A moins que le Parlement ne décide d’abroger la loi sur l'immigration "Bossi-Fini" approuvée en 2002. Un dispositif visant uniquement à endiguer les flux migratoires et qui n’établit aucune différence entre un clandestin qui arrive en Italie dans un radeau de fortune et un ressortissant indien couvert de diplômes. "Il est aussi difficile, voire quasiment impossible, pour ces deux personnes d’obtenir un permis de séjour », explique le sénateur démocrate Luigi Vimercati.

Du coup, l’absence de spécialistes appartenant à un pays situé en dehors des frontières de la communauté européenne dans les entreprises italiennes s’explique. Et Luigi Vimercati de s'insurger :

Cette situation pénalise les entreprises en général et le secteur de la recherche en particulier. Des personnes dotées d’un profil éminent seraient prêtes à travailler chez nous mais nous ne pouvons pas les recruter pour des raisons purement bureaucratiques.

Ikea en pointe

Si les personnes n’appartenant pas à l'Union européenne sont confrontées à ce blocage, la situation en revanche est en train d’évoluer au niveau des femmes, des homosexuels et transsexuels. En janvier 2001, plusieurs entreprises importantes comme Telecom Italia, Johnson&Johnson, l’éditeur Il Saggiatore, Roche ou encore Ikea ont fondé l’association "Parks-Liberi et uguali" (Parks, libres et égaux, du nom de Rosa Parks, activiste afro-américaine). Objectif : aider les entreprises implantées en Italie à mettre en place des politiques d’inclusion visant notamment les "GLBT", les gay, lesbiennes, bisexuels et transsexuels".

Pour engager l’Italie à prendre conscience du problème posé aux "GLBT" sur le marché du travail transalpin, l’association a diffusé un questionnaire parmi ses membres. Le résultat est encourageant en ce qui concerne le groupe Ikea. Les femmes représentent 58,6% de la masse salariale et 41% des dirigeants sur un total de 1079 employés. Un chiffre étonnant dans un pays où le Parlement a dû approuver un dispositif le 30 juin dernier pour introduire des "quotas roses" dans les conseils d’administration des entreprises italiennes et mettre finalement un terme à la domination masculine.

Autre donnée intéressante : 88% des salariés estiment que les opportunités de carrière ne sont pas liées à l’identité, l’orientation sexuelle ou la nationalité des employés. En revanche, 82% des personnes interviewées estiment qu’il faut promouvoir la discrimination positive sur les lieux de travail en Italie.


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