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Des étudiants espagnols dans la peau de David Cameron

lundi, 7 mai, 2012 - 14:32

Une école de commerce de Madrid utilise un jeu de rôle qui permet aux étudiants de se mettre à la place du premier ministre britannique. Mais en dehors de la salle de classe, la crise historique que traverse l’Espagne est bien réelle.
Repéré sur New York Times

Vis ma vie de premier ministre britannique : voilà ce que propose un nouveau programme multimédia utilisé à l’école de commerce IE de Madrid. Sous le titre 10 Downing Street (en référence à la résidence londonienne du chef du gouvernement britannique), ce jeu de rôle a pour but d’enseigner aux étudiants les multiples facettes des décisions économiques.

La créatrice du jeu, Gayle Allard, est professeure d’économie. Elle a expliqué au New York Times avoir créé le programme car

les étudiants doivent comprendre que l’élaboration des décisions économiques n’est pas un procédé facile, et qu’une décision unique peut conditionner toutes les options qui seront disponibles ensuite."

Travailler ensemble pour gérer une crise

Situation initiale: une des plus grandes banques britanniques est au bord de la faillite. Trois choix s’offrent au gouvernement: il peut sauver la banque publiquement, risquant de propager la panique dans le secteur de la finance; il peut également décider de porter secours à la banque en secret, ou il peut laisser le sort de la banque entre les mains (invisibles) du marché.

Au cours d’une classe de 80 minutes, six équipes d’étudiants débattent les possibilités avant de voter le plan d’action à adopter. La solution qui obtient le plus large soutien est alors mise en pratique, ce qui donne lieu à de nouvelles décisions à prendre, et donc de nouveaux débats à tenir.

Gayle Allard souligne qu’elle a mis l’accent sur la collaboration plutôt que la compétition car dans la vie réelle "un gouvernement doit prendre des décisions et agir".

Faire des choix difficiles

Au fur et à mesure que le jeu avance, les étudiants peuvent comparer leurs décisions avec celles de la créatrice du programme et d’autres professeurs de l’école de commerce espagnole, mais aussi avec les choix hypothétiques d’une sélection d’économistes et d’hommes et femmes politiques tels que Milton Friedman et Margaret Thatcher.

Certains des paramètres du jeu ne correspondent pas tout à fait à la réalité, mais les dilemmes auxquels les étudiants sont confrontés sortent tout droit des gros titres des journaux, et les équipes ont recours à des solutions utilisées par les dirigeants actuels.

Augmentation des impôts, réformes structurelles, baisse des taux d’intérêts : les étudiants doivent évaluer les coûts et les conséquences de leurs choix à court et à long terme, et prendre en compte le degré de popularité des mesures qu’ils décident de mettre en œuvre. Une étudiante a confié au New York Times: "ce que j’aime c’est qu’il n’y a pas véritablement de bonne ou de mauvaise réponse. Il faut toujours faire des compromis".

Impopularité électorale

Le jeu se termine avec une élection générale, mais parmi les centaines de suites de choix possibles, "seuls 40% mènent à une réélection" explique Matthew Constantine, le directeur des projets multimédia à l’IE.

Un taux qui semble réaliste au moment où les dirigeants européens sont remplacés les uns après les autres, leur popularité s’étant effondrée suite aux mesures contestées mises en œuvre pour faire face à la crise de la dette.

En Espagne, la gravité de la crise n’a rien de virtuel. Le pays a vu sa note de la dette souveraine abaissée à BBB+ avec perspective négative par l’agence de notation Standard & Poor’s fin avril, alors même que le taux de chômage atteignait des niveaux historiques, avec près d’un Espagnol sur quatre sans emploi.


Repéré sur New York Times: On education, what would you do as the British Prime minister?
 




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