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En Espagne, la nationalisation de Bankia n’est qu’un début

jeudi, 10 mai, 2012 - 16:06

Le gouvernement espagnol prépare une réforme du secteur bancaire afin de nettoyer les comptes des banques en difficulté. Pour sauver les banques, Madrid veut créer une banque de défaisance ou "bad bank".

Le Gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé lundi son souhait de transformer un prêt contracté auprès de la Banque d'Espagne par Bankia en actions. Ceci afin que l'Etat en devienne l’actionnaire majoritaire. Victime de la crise de l’immobilier, ce conglomérat bancaire né de la fusion de cinq caisses d'épargne, dont Caja Madrid et Bancaja, est le plus exposé au secteur de la construction. Avec 303 milliards d'euros d'actifs dans le secteur, il est devenu, depuis sa création en 2010, la première agence immobilière d'Espagne!

Depuis le début de la semaine, le gouvernement fait tout pour tenter de sauver les banques avant l’été. Bankia n’est que le plat d'entrée. Le gouvernement devrait servir le plat principal vendredi en annonçant une nouvelle réforme financière.

Pour sauver les banques, une nouvelle banque

Bien qu’il soit encore en débat, les grandes lignes directrices de ce projet de réforme du système bancaire sont déjà connues. Une injection de 75 milliards à 95 milliards d’euro dans le secteur financier devrait servir à racheter les actifs immobiliers les plus problématiques des banques.

Une nouvelle banque de défaisance, ou "bad bank", devrait reprendre ces actifs immobiliers pourris.

A l’image de Bankia, d’autres banques sont sur la sellette et ne pourront attendre la création réelle du fond de défaisance. Banco de Valencia, Novagalica et Caixa de Catalunya devrait aussi être partiellement nationalisées. La Banque d’Espagne regarde de très prêt et pourrait investir dans ces établissements dans les prochains jours. 

Les socialistes déplorent les nationalisations

Cette injection d’argent public ne fait pas le bonheur de l’opposition qui critique la nationalisation soudaine de Bankia. Alfredo Pérez Rubalcaba, leader de l’opposition socialiste, a demandé au gouvernement que cette nationalisation soit temporaire. Il a qualifié l’aide voulue par le gouvernement "d’improvisée et déplorable". Il souhaite que le l’Etat récupère la totalité de la somme mise sur la table.

Une des banques dénonce le retard pris par la classe politique. Les gouvernements précédents avaient toujours refusé la nationalisation des banques et l’injection massive d'argent public.

Ce que nous faisons maintenant, c'est ce qui aurait été fait il y a trois ans, mais maintenant va falloir payer 100 pour ce qui aurait coûté seulement 10 si il l’avait fait à temps"

déplore un banquier. Une situation qui serait comique si elle n'était pas ausi lourde de conséquences. Les banques et le gouvernement conservateur veulent nationaliser et les socialistes dépolorent cette emprise de l'Etat sur le secteur bancaire.




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