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L’alcool à bas prix en Ecosse, c’est terminé

lundi, 14 mai, 2012 - 14:42

L'abus d'alcool devenant de plus en plus problématique, le Royaume-Uni compte prendre des mesures financières dissuasives en instaurant un prix minimum pour les boissons alcoolisées.

Il va falloir mettre la main au portefeuille. Le ministre de la Santé écossais devait annoncer lundi en fin de journée un prix minimum de 50 pence (soit 65 centimes d'euros) par unité d'alcool. Une augmentation de 5 pence par rapport à ce qui avait été précédemment annoncé. Au même moment, l'Angleterre et le Pays de Galles planchent aussi sur une mesure similaire qui imposerait un prix plancher de 40 pence.

Après avoir été retoquée en 2010, la "Alcohol Minimum Pricing Bill" (Loi sur le Prix Minimum de l'Alcool) n'a rencontrée aucune opposition lors de son passage devant le Parlement en mars dernier. Maintenant majoritaire, le Scottish National Party (SNP), instigateur du projet de loi, espère avant tout réduire le "binge drinking". Véritable fléau dans le pays, ces consommations excessives d'alcool entrainent chaque année rien qu'en Ecosse le décès de 3000 personnes.

Une augmentation de 120 livres par an

Pour s'assurer du succès de cette loi, le gouvernement écossais composé par des membres du SNP a mandaté un groupe de recherche d'universitaires. Le docteur John Holmes a fait partie de l'équipe en charge de ce projet :

Nous avons découvert qu'un prix minimum de 50 pence (par unité d'alcool, ndlr) entrainerait une réduction générale de la consommation de 5,5%. La consommation des personnes buvant des quantités néfastes diminuerait de 10% et celle des personnes buvant de façon modérée de seulement 2,5%.

Financièrement, cela représenterait un coût supplémentaire annuel de 120 livres sterling (environ 150 euros) pour les gros consommateurs. Pour les acheteurs occasionnels, cette augmentation serait uniquement de 8 livres (10 euros)."

Si la plupart des alcools ne seraient pas concernés par la mesure, le prix des bières fortes, cidres et spiritueux bon marché augmenterait de façon significative. Dans l'hypothèse où la mesure serait introduite l'année prochaine comme prévu, le prix d'un pack de 4 bières blondes ne serait pas inférieur à 3,52 livres (4,40 euros), la bouteille de vin la moins chère serait alors à 4,69 livres (5,90 euros) et une bouteille de vodka se vendrait au minimum à 13,12 livres (16,40 euros).

Problèmes de concurrence

Si côté gouvernement on estime qu'il faut enrayer le flux d'alcools forts à bas prix et instaurer un prix plancher, côté entreprises, on s'indigne. Iain McMillan, chef de file de la branche écossaise de CBI — un des plus puissants lobbies du monde des affaires du pays — s'inquiète des problèmes de concurrence que cette loi engendrera et prédit une augmentation de tous les prix du secteur.

Un prix plancher aura pour effet d'augmenter le prix des marques les plus abordables et de les mettre au même niveau que des marques de qualité supérieure. Un gros désavantage".

Face à l'opposition et aux critiques, une clause a été cependant été ajoutée assurant que si la loi se trouvait être inefficace au bout de 6 ans, elle serait retirée.




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