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Nikolic, un président serbe au passé ultranationaliste

lundi, 21 mai, 2012 - 15:22

Annoncé grand perdant, Tomislav Nikolic a été élu dimanche Président de la Serbie. Ultranationaliste hier encore, il se présente aujourd'hui comme plus modéré et favorable à l'adhésion de son pays à l'Union Européenne. Mais minoritaire à l'Assemblée, il pourrait ne pas avoir les moyens de mettre en œuvre sa politique.

A 60 ans, Tomislav Nikolic n'en est pas à sa première élection présidentielle. Avant de faire mentir les sondages dimanche dernier, il avait déjà perdu par deux fois face à Boris Tadic — le président démocrate sortant — aux présidentielles de 2004 et 2008.

Sa carrière politique a commencé au sein du parti ultranationaliste serbe, le SRS, où il a longtemps été le bras droit de Vojislav Seselj, le fondateur du parti, actuellement jugé pour crimes de guerre au tribunal de la Haye. Entre 1998 et 1999, Nikolic a ensuite été vice-Premier ministre du président de l'époque, Slobodan Milosevic (traduit, lui aussi, devant le tribunal de La Haye pour crimes de guerre, mais aussi crimes contre l'humanité et génocide) était à la tête du pays.

Mais, fin 2008, il décide soudainement de rompre les ponts avec le SRS et de créer le Parti Serbe Progressiste (SNS), qui a su se débarrasser, du moins officiellement, des positions les plus extrêmes du SRS tout en gardant sa base électorale.

Ravalement de façade idéologique

Si le nouveau président a pris soin de changer de parti, il a aussi fait attention à soigner son image. Son comportement a changé. Souvent maussade par le passé, ce qui lui a valu le surnom de "croque-mort", il apparaît maintenant tout sourire. Il aime raconter que son hobby principal est de fabriquer lui-même du cognac dans sa ferme située dans un petit village de Serbie centrale où il s'adonne, par ailleurs, à la cueillette d'aromates et de champignons.

Un changement de philosophie de vie en quelque sorte. Mais pas seulement. Lui qui avait affirmé par le passé que "la Serbie se porterait mieux en étant une province de la Russie" plutôt qu'un Etat de l'Union Européenne, assure maintenant que si la Russie lui est chère, il s'est converti à la cause Européenne.

Il a déclaré hier que sa victoire était un tournant pour la Serbie et a promis de garder le pays dans une trajectoire pro-européenne : "La Serbie ne se détournera pas de son objectif européen".

Probable cohabitation

Cette élection n'avait pas pour but de choisir qui ferait entrer la Serbie dans l'Union Européenne, mais de savoir qui résoudrait les problèmes économiques engendrés par la politique du Parti Démocratique".

Quoi qu'il en soit, la marge de manœuvre politiqe du nouveau président serbe est étroite: le SNS de Tomislav Nikolic est arrivé en tête aux élections législatives du 6 mai mais le Parti Démocratique de Boris Tadic s'emploie à reconduire le gouvernement de coalition, au pouvoir depuis quatre ans, formé avec le Parti socialiste.

Si les socialistes ont assuré avant les présidentielles de dimanche que cet accord de coalition tiendrait quel que soit le résultat de cette élection, les négociations ne sont toutefois pas encore entrées dans le vif du sujet. Nikolic va probablement tenter de rallier les socialistes pour former un gouvernement de coalition avec les socialistes. Une alliance contre-nature pour éviter une cohabitation dans le cadre de laquelle il n'aurait qu'un pouvoir très réduit.




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